[TELEFILM] Que d’amour

Arte ouvre sa nouvelle collection Théâtre avec Marivaux. Une exaltante adaptation signée Valérie Donzelli.

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Généralement dédiés aux séries, les prochains jeudis soir d’Arte se dérouleront sous le signe du théâtre. Tout l’été, la chaîne franco-allemande propose à ses téléspectateurs une collection de huit pièces – déjà jouées sur scène – dont elle a confié l’adaptation télévisée à différents réalisateurs – Arnaud Desplechin, Yves d’Angelo, le Belge Gaëtan Bevernaege… A charge pour eux d’en revisiter le texte, avec obligation de reprendre les comédiens de la distribution théâtrale.

Première à ouvrir le bal, Valérie Donzelli s’est emparée du Jeu de l’amour et du hasard, beau succès de la troupe de la Comédie-Française en 2011. Et le marivaudage lui va divinement bien! Visiblement inspirée, la jeune femme a choisi de transposer l’action dans le Paris d’aujourd’hui. C’est donc sous les dorures d’un palace des beaux quartiers que nous découvrons une Silvia romantique et moderne, décidée à évaluer incognito son promis – qu’elle ne connaît pas – en se faisant passer pour sa servante Lisette. Des chambres d’hôtel aux rues de la capitale en passant par le divan du psy où l’héroïne confie ses tourments, le chassé-croisé entre maîtres et valets prend ici une nouvelle et délicieuse saveur. On y retrouve la patte singulière de la réalisatrice de La reine des pommes et de La guerre est déclarée, un esprit très Nouvelle Vague et ce savant équilibre entre gravité et comédie, où le rire et la légèreté l’emportent toujours.

Inventive, la mise en scène multiplie les astuces et mélange joyeusement les genres – costumes en trompe-l’œil, cartons façon film muet, inserts de séquences en super 8, clin d’œil à la comédie musicale… Une fantaisie enlevée – et volontairement moins cynique que la pièce de Marivaux -, portée par les mélodies bondissantes de Philippe Jakko et par la virtuosité de comédiens qui habitent merveilleusement leur personnage. Que de plaisirs!

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