[TELEFILM] Pilules bleues

Adapté d'une BD éponyme, Pilules bleues est une touchante histoire d'amour sur fond de sida.

1185125

De sa rencontre avec Laura (Florence Loiret-Caille), nul doute que "JB" (Guillaume Gouix) ne voudrait retenir que cette brûlante passion qu'il éprouve pour elle. Toutefois, ici, l'insouciance n'est pas de mise. Car la jeune femme est séropositive. Mais qu'importe pour cet auteur de BD, follement amouraché de celle qui est également la maman d'un petit Oscar (Timothé Vom Dorp): cette saloperie de virus n'aura pas la peau de ce lien naissant. Quand bien même il vient sournoisement s'immiscer entre eux, tel un troisième partenaire invisible dont la présence est si prégnante qu'elle se fait ressentir à chaque instant… Transposé de la bande dessinée autobiographique du Suisse Frederik Peeters, initialement parue en 2001, Pilules bleues est un hymne à l'amour, et surtout à l'urgence de vivre. A une époque où la cohabitation avec le fléau soulève toujours autant de doutes et d'inquiétudes, mais où il est désormais possible de se projeter raisonnablement dans l'avenir. On est d'ailleurs très loin de la violence émotionnelle et du désespoir rencontré dix ans plus tôt dans Les Nuits fauves de Cyril Collard, quand les trithérapies n'existaient pas encore. C'est donc sans misérabilisme que Frederik Peeters racontait originellement son histoire, et que Jean-Philippe Amar (réalisateur de quelques épisodes d'Un village français) s'en saisit aujourd'hui pour la porter sur le petit écran. Avec sobriété, sans pour autant oublier de respecter l'esprit du roman graphique: des croquis animés apparaissent en effet çà et là tout au long de ce téléfilm parfaitement maîtrisé dont on ne garde en mémoire finalement que cette tendresse qui unit les personnages. Sans omettre cette touchante relation que Laura et "JB" entretiennent avec Oscar, contaminé dans le ventre de sa mère. Emouvant sans être éprouvant.

Sur le même sujet
Plus d'actualité