Téléfilm – Médecin-chef à la santé

La tante de Mathilde Seigner a été le médecin-chef de la prison de la Santé. Ensemble, elles brisent le silence du système carcéral. 

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Douze ans après son livre-choc sur l’univers pénitentiaire (*), Véronique Vasseur, l’ancien médecin-chef de la prison de la Santé, récidive. Elle cosigne l’adaptation de son journal avec en vedette Mathilde Seigner, sa propre nièce. Explications au Festival de la fiction télé de La Rochelle.

Avez-vous exercé la médecine en prison par curiosité?
Véronique Vasseur – Ma mère habitait près de la maison d’arrêt de la Santé. J’étais très intriguée par cet endroit. Je suis rentrée comme médecin de garde, puis j’ai remplacé le médecin-chef. Cette expérience douloureuse, violente et inoubliable a duré huit ans et demi.

Est-ce un choix délibéré d’avoir romancé votre témoignage?
Revenir sur mon parcours était une sorte de psychothérapie. Mais nous ne voulions pas faire un documentaire sur le quotidien sordide de la prison. Plutôt une fiction librement inspirée de mon histoire! C’est pourquoi, avec Yves Rénier, le réalisateur de ce téléfilm, nous avons développé la partie personnelle de l’héroïne et les conséquences de son métier dans sa vie privée.

Avec le recul, pensez-vous que les conditions de détention s’améliorent?
Rien ne bouge vraiment même s’il y a eu quelques petites avancées. Le gros problème, c’est toujours la surpopulation. On enferme ensemble des gens extrêmement différents. On mélange des petits délinquants, des dingues, des toxicos. Tous ceux qu’on ne veut pas voir dehors, on les fout en taule. C’est forcément explosif! La construction de nouvelles prisons ne change pas la donne. Et paradoxalement, les détenus préfèrent les vieilles prisons crasseuses aux prisons modernes, où tout est électronique et où ils ne voient personne de la journée.

Que préconisez-vous alors?
Il faudrait que les personnes incarcérées travaillent. Rester 24 heures sur 24 à se regarder le nombril et à prendre des tranquillisants, ce n’est pas la solution.

(*) Médecin-chef à la prison de la Santé, Véronique Vasseur, éd. Le Cherche-Midi.

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