[Téléfilm] Les déferlantes

Adapté du best-seller éponyme, Les déferlantes dresse un portrait délicat d’âmes en pleine tempête.

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Sur une côte normande battue par le vent, Louise fixe l’horizon menaçant. Officiellement, la jeune femme est venue travailler pour un centre ornithologique. Mais son regard fuyant et ses lourds silences en disent long sur les tumultes qui la ravagent. Les rares habitants du coin qu’elle fréquente – toujours de loin – devinent le souvenir d’un drame passé. Sans s’en émouvoir pour autant: ici, tous ont leurs secrets, leurs fantômes. Même Lambert, ténébreux étranger venu vendre la maison de sa famille décédée. Des âmes blessées, perdues, dont les bouillonnements vont bientôt faire voler en éclats leurs résistances…

En 2008, le roman de Claudie Gallay avait fait un sacré bruit dans le Landernau littéraire, au point de faire des Déferlantes le best-seller surprise de l’année. La jeune cinéaste Eléonore Faucher s’est emparée de cette œuvre puissante avec la délicatesse qui la fit connaître, dans Brodeuses tout d’abord, puis dans Gamines, adapté du roman de Sylvie Testud. Tout comme l’écrivaine, elle fait de La Hague un personnage à part entière, restituant magnifiquement l’atmosphère tempétueuse de l’histoire originelle. De très beaux plans, hommage à une nature sauvage et illustration sensible des sentiments violents qui animent l’héroïne. Car Les déferlantes est également un portrait de femme – et Eléonore Faucher y excelle. Elle retrouve pour l’occasion Sylvie Testud, qui offre au personnage de Louise toute la finesse de son jeu. Fragile mais déterminée, endeuillée mais incroyablement vivante. L’actrice est en outre fort bien entourée, notamment par deux grands du cinéma français: Bulle Ogier, douce et touchante en vieille dame un peu toquée. Et le très regretté Daniel Duval, disparu en octobre dernier. Une gueule, une voix, une présence à nulle autre pareilles.

 

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