[Téléfilm] La rupture

Entre histoire et thriller politique, retour sur l’un des duos les plus houleux de la Ve République.

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Longtemps, la fiction politique est restée la grande absente du PAF. Trop taboue, pour des chaînes trop frileuses. Puis la télévision a calmé ses angoisses, consciente enfin du goût des téléspectateurs pour la chose publique, les coulisses du pouvoir, les hommes d’Etat – comme ceux de l’ombre. Et France 3, fidèle à sa mission de service public, n’est pas la moins prolifique. Après Mort d’un président, consacré aux derniers mois de Georges Pompidou ou Crime d’Etat, téléfilm à charge sur l’affaire Robert Boulin – deux très bonnes fictions récompensées par de belles audiences -, la chaîne a décidé d’explorer un pan particulièrement intéressant de l’histoire de la droite française: le duo à couteaux tirés formé, de 1974 et 1976, par Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac. Le premier a été élu à la tête de l’Etat, en partie grâce au soutien du second – gaulliste pur jus et jeune poulain de l’ancien président Pompidou, décédé en plein mandat. L’alliance semble prometteuse et le nouveau président confie à Chirac les rênes du gouvernement. Sur le papier, tout au moins. Car bien avant Nicolas Sarkozy, Giscard se montre un chef d’Etat omniprésent et omnipotent et ne laisse guère de marge de manœuvre à son Premier ministre, rabaissé au rang de simple collaborateur…

C’est cette relation houleuse – soldée par la démission de Chirac, deux ans plus tard – que nous conte La rupture. Une histoire romanesque et fascinante tout en tension larvée, mise en mots par deux fins observateurs de la comédie humaine – l’ancien journaliste politique Patrice Duhamel et le scénariste et réalisateur Jacques Santamaria – et en images par un spécialiste des films politiques, Laurent Heynemann. Ambitions, trahisons, stratégies fomentées par quelques éminences grises…, quel meilleur terreau pour un thriller?

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