[TELEFILM] La déesse aux cent bras

Cristiana Reali ne fait pas les choses à moitié. Et débarque avec son double pour ce portrait de femme contemporaine.

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Employée dans une agence immobilière, mariée et mère de deux enfants, Vanina (Cristiana Reali) est sans cesse débordée. C’est bien ce que lui reproche son mari (Robert Plagnol). Ce dernier souhaiterait avoir à ses côtés une femme plus attentive, aimante et disponible. A force de vouloir mener tout de front, cette quadra stressée et psychorigide, qui se voudrait parfaite, finit par tout faire de travers. Si elle n’envisage pas de changer de comportement, son époux menace de se séparer définitivement. Face à cet ultimatum, Vanina tombe de haut. De surcroît, elle doit gérer ses galères de boulot et les crises existentielles de sa fille et de son fils. Au bord de la dépression, la jeune femme est "victime" d’un curieux phénomène. Son double Nina, beaucoup plus déluré qu’elle, entre en scène pour lui venir en aide à sa manière. Cette moitié imaginaire tente de refaire l’éducation de Vanina pour l’amener à lâcher prise et lui faire reprendre goût aux futilités et joies de la vie.

 

À travers les mésaventures de son héroïne, une Wonder Woman en perdition, le réalisateur Sylvain Monod (La part des anges) dépeint délibérément sur le ton de la comédie et de l’humour le quotidien de bien des femmes d’aujourd’hui. Celles qui vivent à cent à l’heure et essaient de tout concilier sans pouvoir se poser un instant. Même si Cristiana Reali force le trait et en fait parfois des tonnes, la comédienne s’amuse à jouer le dédoublement de personnalité. Elle prend un réel plaisir à incarner la rigide et coincée Vanina et l’extravertie et facétieuse Nina, les deux personnages qui forment le même être humain. Annick Blancheteau, en mère envahissante et Rufus, en vieil académicien burlesque et un peu coquin, composent deux sympathiques seconds rôles dans ce divertissement léger et rythmé s’inscrivant dans l’air du temps. 

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