[TELEFILM] Indiscretions

L’actrice retrouve Josée Dayan pour un thriller psychologique, pas tout à fait convaincant.

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Une cour d’immeuble sous le soleil d’Angoulême. La caméra virevolte d’appartement en appartement, d’un locataire à l’autre. Les regards se croisent, tranquilles et bienveillants. Au cœur de cet espace étrangement ouvert et transparent – terrasses, balcons, portes et sols vitrés -, Clémence semble poser autour d’elle un regard las. Professeur de piano mariée à un psychiatre aussi prévenant que débordé, elle mène une vie solitaire, rythmée par les seules venues de ses jeunes apprentis. Et de Mona, son ancienne élève, presque sa fille désormais. Une nuit, un cri déchire l’obscurité paisible de l’immeuble. Lorsque Clémence constate que Mona est introuvable, son imagination galope. Le nouveau voisin paraît l’épier; les infirmières de l’octogénaire logé à l’étage du dessus disparaissent les unes après les autres; et la concierge se mure dans un silence hostile…

La référence au Fenêtre sur cour d’Hitchcock est assumée: une disparition dans l’enceinte d’un immeuble, un voisin étrange, une enquête en quasi-huis clos teintée de voyeurisme… Mais s’il commence comme un polar, le scénario imaginé par Elsa Marpeau (également auteur de romans noirs) glisse très vite vers la paranoïa. Clémence, que l’on devine fragilisée par un passé douloureux, voit-elle sa raison vaciller? Considérant tout ce qui lui arrive – tentatives d’intimidation, lettre et appel anonymes, hallucinations, entourage louche -, difficile d’en douter. Pourtant, si l’on suit l’action du point de vue de l’héroïne, les événements – trop caricaturaux – ne semblent guère relever du fantasme. Plus loin de la folie qu’on l’aurait cru, cette réalité-là aurait gagné à être racontée avec davantage de subtilité. Reste une belle réalisation à l’atmosphère singulière. Et Muriel Robin, tout en retenue, dont la sensibilité pudique offre un très beau visage à ce personnage plus meurtri qu’instable.

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