Téléfilm: Disparue

Le réalisateur de la série Face au crime revient dans un polar glauque à souhait. Haletant et troublant.

334072

Décidément, Dominik Graf aime les milieux interlopes. Sa série Face au crime, rediffusée par Arte à la fin de l’année dernière, nous avait déjà impressionnée par son atmosphère poisseuse, sa réalisation originale, son intrigue envoûtante dans la mafia russe de Berlin. Inspiré d’un fait réel survenu en Allemagne en 2001, le téléfilm Disparue confirme le talent du réalisateur pour les polars sombres.

Il est pourtant charmant, ce village vert et champêtre non loin de la frontière tchèque, où vient d’échouer le jeune commissaire Tanner (Ronald Zehrfeld, l’un des flics de Face au crime, encore une fois très bien). Mais dès les premières images, un petit quelque chose de louche et de glauque saisit le téléspectateur. Derrière les fenêtres ensoleillées, de bien tristes regards se perdent. Et s’arrêtent parfois sur le portrait jauni d’une petite blondinette, accroché au mur du bar local. Car sur le village plane encore le souvenir de cette enfant, disparue neuf ans plus tôt et considérée comme morte, bien que son corps n’ait jamais été retrouvé.

La vieille affaire resurgit au soir d’une fête de village. Alors que chacun s’oublie dans l’alcool et les bras d’un(e) autre, l’image d’une strangulation, nette, sèche, s’insinue brutalement dans la séquence. Effrayante vision et premier élément d’une enquête qui s’acheminera doucement vers le sordide. Tanner ne tarde pas à comprendre que le crime a un lien direct avec l’affaire de la fillette disparue. Mais l’antipathique chef de la police locale s’acharne à l’empêcher d’y plonger son nez car ce qui se cache sous la poussière des vieux dossiers et sous le vernis des bourgeois du coin n’est pas joli-joli… Entre corruption et pornographie enfantine, la mise en scène très réaliste de Dominik Graf nous plonge sans détour dans l’horreur et nous accroche jusqu’au dénouement.

Plus d'actualité