Téléfilm – Clara s’en va mourir

Sur le thème de l’euthanasie, un singulier téléfilm porté par une Jeanne Balibar… épatante.

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Voici un téléfilm (noir) qui ne peut laisser indifférent. Couronnée du prix du meilleur scénario au festival de Luchon 2012, la réalisatrice Virginie Wagon avait reçu carte blanche de la part d’Arte pour imaginer une histoire sur le thème de l’euthanasie. De ce préalable délicat – voire franchement casse-gueule -, la jeune femme a su tirer un récit subtil et singulier, relatant les deux derniers mois d’une quadra condamnée par un cancer du poumon.

Le crabe, Clara connaît déjà. Elle en a surmonté un voici quelques années. Mais cette fois, elle sait que les traitements ne serviront qu’à lui octroyer un misérable sursis. Pas question de s’imposer encore une fois les souffrances et l’horreur d’un corps diminué, pour quelques semaines d’une vie qui n’en sera déjà plus une. Alors Clara, comédienne de renom, décide d’orchestrer elle-même sa fin de vie. Elle souscrit un contrat de suicide assisté dans une clinique suisse et fixe la date de sa mort. Reste à annoncer – à imposer – ce choix brutal à son entourage. Et en premier lieu à son adolescent de fils.

Un sujet grave pour un film à l’image de son personnage principal: dérangeant, énervant, touchant, saisissant. Car Clara, véritable tragédienne, met littéralement en scène sa propre mort. Jusqu’à réserver pour le jour J un joli chalet destiné à accueillir les proches venus l’accompagner dans ses derniers moments. Une étrange mise en abyme pour celle qui, tous les jours, incarne sur scène le destin funeste d’Antigone. Égoïste, narcissique, elle l’est assurément. Mais libre aussi, et décidée à le rester jusque dans le choix de sa fin. Dans un rôle écrasant, Jeanne Balibar parvient à distiller de la légèreté dans sa difficile partition, offrant l’image d’une héroïne tout en nuances, aussi dure que fragile, aussi égocentrique qu’aimante. Drôle et tragique à la fois.

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