[TELEFILM] Bélinda et moi

Faire de la transsexualité le sujet d’une fiction et le diffuser en prime, c'est le défi que relève France 3

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Après le décès d’une de ses amies, Jacqueline contacte le neveu de cette dernière. Mais quel choc pour une première rencontre! Jean, le neveu en question n’est autre que Belinda, un jeune transsexuel rejeté par sa famille. Finalement, Jacqueline va ouvrir sa porte pour essayer de comprendre et d’accepter cette femme dans un corps d’homme. Entretien avec les deux acteurs, Line Renaud et Alexandre Styker, d’ailleurs récompensé par le prix du meilleur espoir masculin pour son rôle de transgenre au dernier Festival des créations télévisuelles de Luchon.

 

Quelles ont été vos motivations pour jouer dans ce téléfilm?

LINE RENAUD – Mon souci a toujours été de défendre des causes et de faire avancer les mentalités. La transsexualité est un sujet brûlant, encore tabou. On ne parle guère de ce fait de société. Je tire mon chapeau au service public d’avoir osé aborder ce thème. Nous avons donc contribué à la réalisation d’un téléfilm militant.

ALEXANDRE STYKER – Quand on vous propose un tel rôle de composition, il faut bien sûr le faire. Mais j’avoue que j’ai souffert. Au 4e jour de tournage, je suis rentré dans ma chambre d’hôtel et j’étais perdu. J’avais peur de ne pas être juste et de trahir les transsexuels.

 

Quel a donc été votre travail pour incarner Belinda?

A.S. – Comme je ne voulais pas être dans la caricature, j’ai juste voulu essayer d’être une femme. Je me suis inspiré des femmes que j’aimais. Valeria Bruni-Tedeschi avec qui j’ai tourné Un château en Italie est une grande amie. Elle m’a beaucoup aidé. Je l’avais au téléphone le soir et elle me disait: "Reste simple et pense à moi".

 

Vous êtes-vous beaucoup préparé physiquement?

A.S. – J’ai arrêté de faire du sport et je me suis laissé grossir. J’ai mangé davantage pour avoir des formes plus féminines. Je me suis fait aussi épiler tout le corps. J’ai également appris à marcher avec des talons. Je faisais tout en talons chez moi, la cuisine et même passer l’aspirateur (rire). Et pour savoir placer ma voix, j’ai rencontré un phoniatre.

 

Comment auriez-vous réagi si un de vos proches dans votre famille était transsexuel? L’auriez-vous accepté comme Jacqueline?

L.R. – Je suis sûre que ce type de situation m’aurait déconcertée. J’aurais eu beaucoup de difficultés à m’y habituer et j’aurais eu du chagrin. C’est très compliqué. Et on juge forcément dans ce cas-là. Mais je revendique le droit à la tolérance de par ma nature et ma sensibilité.

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