Téléfilm: Bankable

Itinéraires croisés de deux familles par temps de crise. Une comédie joyeusement immorale, mais alourdie par la caricature.

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La fiction n’a pas attendu 2007 pour tirer de nos déboires financiers de truculentes comédies. Mais c’est peu dire que la crise est aujourd’hui, plus que jamais, dans l’air du temps. Au cœur du téléfilm de Mona Achache – la jeune réalisatrice du Hérisson -, elle oppose dans Bankable deux couples aux antipodes l’un de l’autre.

Chez les Deville, on ne compte pas les billets qui se claquent à tout-va dans les boutiques hors de prix des quartiers chic de Paris. Les Ricci, eux, vivent en banlieue des fins de mois difficiles devant leur jambon-purée quasi quotidien. Mais nul n’est à l’abri – ni d’un licenciement, ni d’un coup de bol. Philippe Deville perd son emploi, Leslie Ricci monte sa boîte et dans chacune des familles, le rapport à l’argent s’inverse. Pour l’une comme pour l’autre, le changement est radical.

Un peu trop, d’ailleurs. Même s’il s’agit d’une comédie joyeusement immorale, il n’était peut-être pas nécessaire d’aligner les clichés et les raccourcis sans le moindre souci de crédibilité. Difficile de s’attacher à des personnages qui se déclarent "pauvres" dès qu’ils ne peuvent plus s’approvisionner chez Fauchon.

Difficile également d’être convaincu par la réussite fulgurante de Leslie, dont la petite start-up devient en un temps record la société que les investisseurs s’arrachent. À force de facilités et faute d’un scénario vraiment mordant, l’intention de la réalisatrice – les affres du capitalisme pervertissent l’individu – perd de sa substance. Restent les actrices: Lolita Chammah (découverte dans Copacabana) et Pascale Arbillot (justement récompensée au festival de Luchon pour son interprétation de l’insouciante Barbara Deville) portent le film sur leurs jolies épaules. Ce sont elles qui insufflent charme et énergie à cette histoire.

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