Tartarin de Tarascon

Michel Galabru devrait s’en donner à cœur joie dans cette adaptation très libre du roman de Daudet, signée Savary.

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Tartarin de Tarascon fait partie du patrimoine français, comme Le Mont-Saint-Michel, les peintres de Montmartre, les calanques de Marseille… Les dictionnaires l’ont même accueilli, avec ses tartarinades. Mais comme nombre de ces héros connus de tous, Tartarin est aujourd’hui plus célèbre que le roman qui lui donna vie… et qu’on ne lit guère plus aujourd’hui.

Flaubert comparait pourtant cette œuvre d’Alphonse Daudet au fameux Don Quichotte de Cervantès. Et ce n’est pas Jérôme Savary qui lui donnera tort: le metteur en scène de 70 ans court après ce truculent personnage depuis une quarantaine d’années. Bien des spectacles plus tard, voici que le rêve prend enfin forme: Tartarin de Tarascon s’installe sur la scène du théâtre André Malraux de Rueil-Malmaison pour trois représentations, dont la dernière sera retransmise en direct sur France 2.

Pour incarner le fanfaron chasseur de casquettes, parti pour l’Afrique en quête de véritable gibier, il eût été difficile de passer à côté d’un tout jeune comédien à l’accent chantant, grande gueule et œil coquin, qui s’y connaît en rodomontades: Michel Galabru, 90 ans et une forme insolente. Lui et Savary, qui ont déjà travaillé ensemble sur l’adaptation théâtrale de La femme du boulanger de Pagnol et sur Le bourgeois gentilhomme de Molière, ressuscitent Tartarin en quatre actes très librement inspirés d’Alphonse Daudet.

Jérôme Savary a choisi de situer l’histoire dans les années 30 (elle prenait place, dans le roman, sous la IIIe République) et en a gommé les aspects colonialistes. Il ne devrait donc rester du roman que le meilleur: un délicieux humour susceptible de séduire tous les âges et un récit d’aventures pour le moins pittoresque. Au final, un grand spectacle populaire en perspective, avec orchestre de jazz et chœur d’enfants en prime.

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