Sur nos traces

Arte dresse un portrait sans clichés de notre lointain aïeul. Un chasseur-cueilleur dont nous avons hérité de 4 % des gènes. 

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Étranges hommes de Neandertal que la culture populaire ne cesse de qualifier de gros balourds qui, logiquement, se seraient fait écraser par des "sapiens" bien plus malins qu’eux! Comme toujours en archéologie, la réalité nous entraîne vers davantage de complexité.

Sur nos traces, périple télévisé qui va écumer pendant quinze épisodes les plus récents chantiers de fouilles français, démarre avec ces mal-aimés de l’évolution humaine. Sur un mode pêchu, départi de l’esprit de sérieux qui repousse souvent le grand public loin du docu d’archéo, ce "26 minutes" nous plonge au fond d’une pyramide inversée taillée dans la glaise de la Picardie. L’idée de l’édifice est simple: vous creusez de grandes marches dans le sol. Chacune représente des dizaines de milliers d’années, et offre son lot de silex et autres révélations camouflées.

Sur nos traces revient notamment sur les changements climatiques dictés par les bouleversements d’inclinaison de la planète, qui transformèrent les plaines du nord de la France en glaciers et vice-versa.

En 250.000 ans, les Neandertaliens ont ainsi dû plusieurs fois s’adapter à leur nouvel environnement et par exemple, changer de goût de viande en troquant le cerf contre le rhinocéros laineux. La vie de ces chasseurs-cueilleurs était rythmée par les déplacements des troupeaux dont ils étaient si dépendants.

Et si l’arrivée des homo sapiens leur fut si dommageable, ce n’est pas parce que ces derniers les ont exterminés – les preuves de massacres n’existent pas – mais parce qu’ils auraient continuellement cherché à fuir cette nouvelle espèce. Ce qui ne signifie toutefois pas qu’il n’y a pas eu d’échanges: aujourd’hui encore, nous partageons 4 % de nos gènes avec ces fiers Neandertaliens.

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