Sur les traces de Patton

A l’heure où débutent les commémorations du 70e anniversaire de la bataille des Ardennes, Jean-Louis Lahaye dresse le portrait d’un de ses héros: Patton.

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Son surnom, "Old Blood And Guts" ("Vieux sang et tripes"), le général Pattonl’a acquis sur le terrain. L’homme aux trois guerres (la guerre du Mexique, depuis laquelle il portait deux colts à crosse en ivoire au ceinturon, et les deux guerres mondiales) était connu pour avoir le verbe haut et le discours fleuri! "On ne vous demande pas de mourir pour votre pays, mais que le salaud d'en face meure pour le sien" ou encore"Pour gagner, il ne faut jamais perdre" et"La peur tue plus de gens que la mort". Rustre, grossier, avec des allures de cow-boy qui déplaisaient aux Alliés et au général Montgomery en particulier, Patton était un formidable meneur d’hommes, un génial tacticien, un stratège hors pair et un brillant historien militaire. La Normandie, il la connaissait mieux que personne, il s'y est battu en 1917 puis en 44. Quoi de plus normal pour cet homme fantasque qui se vantait d’être la réincarnation de Guillaume le Conquérant! Mais ce dyslexique était aussi un fin connaisseur de l'histoire de France, de Grande-Bretagne et des Etats-Unis. Une personnalité complexe et passionnante qui mourut à 60 ans des suites d'un banal accident de voiture en 45. Banal… ou pas très clair, comme l’évoquera dans le magazine sa petite-fille Helen Patton.

 

Dans ces lieux magnifiques de la région de Bastogne dont les musées n’ont rien à envier aux mémoriaux normands, Jean-Louis Lahaye, entouré d’experts, d’historiens, de témoins, revient sur la bataille des Ardennes et retrace les faits d’armes décisifs du général. Alors qu’aucun supérieur n’y croyait, il se fit fort de venir secourir la 101e aéroportée américaine encerclée par les Allemands à Bastogne. C’est dans des conditions hivernales extrêmes que les hommes du général McAuliffe ("Nuts", c’est lui) sont parvenus à résister aux assauts allemands jusqu'à l'arrivée des renforts de la 4e division d'infanterie. Patton avait promis qu’il serait à Bastogne pour Noël, cela suffisait pour remonter le moral des troupes et tenir! Son arrivée providentielle, sa décision de faire monter 75.000 hommes en trois jours depuis Metz permirent de désenclaver la ville et de mettre les Allemands en déroute. Hitler venait de perdre son dernier atout.

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