Spécial Télévie

A 80 ans, l'inoxydable Arsène Burny s'apprête à clôturer la 26eopération du Télévie, animé de la même énergie débordante qu'à ses débuts.

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Président de la Commission Télévie FNRS, le professeur Burny est, depuis 1989, la caution scientifique de cette grande opération de solidarité, mais aussi et surtout la fourmi besogneuse qui a réussi à mobiliser des milliers de bénévoles. Ensemble, ils ont récolté 133.168.776 €. Une somme qui a permis l'engagement de 1.811 chercheurs et financé 1.792 projets. Mais le cancer lui interdit toujours de se reposer. D'ailleurs, il n'en est pas question.

Vous êtes de la race de ces capitaines qui ne quitteront jamais leur navire…

Arsène Burny – Je n'ai aucun mérite. Je me rends tous les jours au labo car la recherche, ce n'est pas un métier, c'est une passion. Je ne m'occupe pas de mon jardin. J'essaie d'être en famille le plus souvent possible. Alors, j'emmène ma femme aux manifestations du Télévie.

Comment évolue la recherche aujourd'hui?

A.B. – Je pense qu'il faut y mettre un bon coup, pour faire un bond en avant. Ne nous prenons pas pour plus malins que nos prédécesseurs – mais nous avons des techniques dont ils ne pouvaient même pas rêver. En imagerie médicale, en analyses chimiques et biochimiques…

Que va permettre cette nouvelle récolte de fonds?

A.B. – On va se consacrer au glioblastome, la tumeur cérébrale qui tue le plus. Jacques Brotchi me disait: "Des centaines de gens que j'ai opérés pendant ma vie de neurochirurgien, il ne reste qu'une personne. Tous les autres sont morts". Avec nos moyens, nos connaissances, nos chercheurs et ces techniques nouvelles, nous devons nous attaquer à cette tumeur tueuse. Et trouver.

Le cerveau reste encore un immense terrain inconnu.

A.B. – Il est un organe majeur. Dans ce domaine, on va tenter d'éveiller le système immunitaire, qu'on commence seulement à comprendre. Il faut le diriger, lui apprendre à reconnaître une tumeur et à agir lors d'une première rémission. Si le système est bien éduqué, il empêche les rechutes. Il faut forcer les cellules tumorales à montrer qui elles sont. Elles parviennent à se dérober. Dans le système immunitaire, il y a aussi des cellules qui empêchent la réaction vis-à-vis de la tumeur. On n'aurait jamais cru ça. C'est un peu une sélection naturelle!

Pas le temps donc de songer à vous retirer?

A.B. – Aussi longtemps que je peux le faire, je continuerai. Et je sillonnerai la Belgique pour rencontrer les gens, leur dire à quoi sert l'argent qu'ils récoltent. Dernièrement, ma femme et moi étions à Malmedy. Le samedi, ils étaient plus de 700 bénévoles et autant le dimanche! C'est magnifique.

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