Souviens-toi

Dans la collection Mary Higgins Clark, un polar sans grand suspense rattrapé par Emilie Dequenne.

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Voilà quelques années, Emilie et Marc ont perdu leur petit garçon Nicolas dans un accident de voiture. Depuis le drame, la jeune femme se débat avec une dépression dont elle a d’autant plus de mal à sortir qu’elle traîne une culpabilité dévorante – c’est elle qui était au volant. Le couple tente de recoller les morceaux depuis la naissance de leur fille et s’installe dans une maison en bord de mer à Arcachon, la région d’enfance de Marc.

Il fait bientôt la connaissance de Vincent, un antiquaire dont la femme s’est récemment noyée lors d’une virée en bateau. Accusé de meurtre par ses beaux-parents, le veuf éploré demande de l’aide à Emilie qui, en qualité d’avocate, décide d’assurer sa défense. Mais ses tentatives de reprendre le dessus se heurtent à des phénomènes étranges: depuis leur arrivée, elle ne cesse d’entendre la voix de Nicolas, les anciens jouets de l’enfant semblent se déplacer tout seuls, des pas se font entendre à l’étage… La maison est-elle hantée ou Emilie glisse-t-elle vers la folie, comme semble le croire son entourage?

On pourrait le penser également, mais nous sommes ici dans l’univers de Mary Higgins Clark, reine du suspense où la machination n’est jamais bien loin. Et, autour de l’héroïne, tous ne sont pas très nets. Le beau Vincent a beau clamer son innocence, il ne dit visiblement pas tout; Hélène, la (très) présente amie d’enfance de Marc, se montre trop affable pour être honnête; et la femme de ménage embauchée pour aider Emilie est aussi austère qu’étrange.

Dans le rôle principal, Emilie Dequenne navigue habilement entre fragilité et détermination. L’atmosphère sombre et étouffante de la bâtisse, principal élément de décor, ajoute au mystère. Mais l’intrigue reste cousue de fil blanc et le scénario, peu subtil, négocie mal ses révélations comme son dénouement. Un petit polar du samedi soir.

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