Soirée Mohamed Ali

Mohamed Ali est rentré dans la cour des gants grâce à la boxe, à ses idées et à ses provocations. Un destin inclassable.

908881

Pour comprendre pourquoi Mohamed Ali est devenu l’un des sportifs les plus emblématiques de l’histoire, il faut regarder son comportement sur le ring, mais aussi sa personnalité une fois ses gants rangés dans son casier.

C’est évidemment le sport qui a fait de lui une légende. En devenant le premier triple champion du monde des poids lourds, en s’imposant comme le champion incontesté de sa génération (alors que la concurrence était rude) et en livrant des combats d’anthologie (face à Sonny Liston, George Foreman ou Joe Frazier), Ali a gagné des rounds à gogo.

Il a mis tout le monde K.-O. avec son style: des mains le long du corps, des réflexes hallucinants, des bras tentaculaires (2,10 mètres d’allonge), un déplacement rapide et dansé. Et puis ce leitmotiv qu’il appliquait à chaque combat: "Flotter comme un papillon, piquer comme une abeille".

En dehors du ring, c’est son tempérament qui distribuait les uppercuts. Quand il se convertit à l’islam à 22 ans (rappelons qu’il a grandi sous le nom de Cassius Clay), qu’il crache sur l’armée américaine en refusant de s’y enrôler (pour s’opposer à la guerre du Viêtnam), qu’il s’exprime contre la ségrégation aux côtés de Malcolm X ou que, plus tard, il devient la première vedette à apposer son étoile sur un… mur de Hollywood Boulevard (il ne voulait pas que les gens marchent sur le nom du prophète), Ali décroche quelques-unes des victoires les plus médiatisées de sa carrière.

Le destin s’occupe du reste: en 1984, on lui apprend qu’il vivra le restant de ses jours avec un adversaire coriace nommé Parkinson. Une lutte qui l’affaiblit et le tue à petit feu. Mais si Arte, ce dimanche, décide de lui consacrer sa soirée en diffusant les films Ali et When We Were Kings, c’est pour nous rappeler que l’homme comme son aura ne sont pas encore à terre.

Plus d'actualité