Sexe, business et politique: l’arme secrète

Affaires et prostitution font bon ménage. Un scoop? Non. Mais c'est pire que ce que vous imaginiez…

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L’histoire du Carlton de Lille n’est que le petit glaçon d’un immense iceberg. La partie médiatisée d’une pratique utilisée dans l’ombre par les businessmen depuis de très nombreuses années. Le vorace (et pas très malin, avouons-le) Dominique Strauss-Kahn en a fait les frais. Pendant ce temps-là, dans des chambres d’hôtel encore mieux planquées, des hommes au portefeuille saillant s’adonnaient aux mêmes parties fines avec des prostituées de luxe.

Que ce soit en France, en Russie, aux Etats-Unis ou ailleurs, le sexe est aujourd’hui l’une des clauses implicites des plus gros contrats. Ecrit en lettres transparentes, il permet la conquête de nouveaux marchés ou l’ascension d’affairistes influents vers les plus hauts étages du pouvoir.

Bien sûr, c’est à la fois un sujet tabou et un secret de Polichinelle. Mais disons que c’était le bon moment pour mener une enquête en bonne et due forme.

Journaliste de l’agence Capa, Vanina Kanban a commencé ses investigations il y a deux ans, soit quelques mois avant l’ouragan Carlton. Son objectif: montrer à quel point cette corruption par la chair pèse dans l’économie moderne, que ce soit pour servir l’intérêt d’un Etat ou déstabiliser un opposant.

Une valise de billets, c’est bien. Une prostituée, c’est encore mieux car beaucoup moins dangereux. Traversant plusieurs pays, la journaliste a réussi à recueillir des témoignages de tous les acteurs de ce système: des industriels sans scrupules, des victimes retrouvées en mauvaise posture et, bien sûr, des reines de la nuit qui, bien souvent, ont parfaitement conscience du rôle qu’on leur confie.

Au fil des minutes, c’est un tableau peu reluisant du monde des affaires qui se dessine. Et qui renforce son opacité, tout en dégoûtant encore un peu plus les citoyens recevant un P.-V. pour avoir garé leur voiture en double file pendant 4 minutes 30.

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