[SERIE] Traque en série

Encore une série policière? Oui, mais une création danoise, sombre et prometteuse malgré un certain classicisme.

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Une jolie flic à fleur de peau, un psychiatre intuitif chargé de "profiler" les criminels, une belle galerie de serial killers… Voilà des ingrédients bien connus des amateurs de séries policières. Pourtant – malgré un titre français d’une décourageante banalité -, cette Traque en série repérée par Arte aiguisait furieusement notre curiosité. D’abord parce qu’il s’agit d’une création danoise – un imparable argument depuis Borgen et The Killing. Ensuite parce que les Américains se sont d’ores et déjà lancés dans un remake de la série, avec l’underground Chloë Sevigny dans le rôle principal. Un état d’esprit très favorable donc, que les premiers épisodes confirment sans pour autant nous subjuguer.

Image froide instillant une sombre atmosphère, souci de réalisme qui ne nous épargne aucun détail, héros douloureusement malmenés, tueurs tordus à souhait: l’univers dans lequel nous convie Elsebeth Egholm – la romancière, très populaire au Danemark, qui est à l’origine de la série – affiche une noirceur d’une belle intensité, prometteuse en termes de dramaturgie. La série reste assez classique, choisissant de faire la part belle aux enquêtes (développées sur deux épisodes) et au duo flic-profileur. Au détriment parfois d’une émotion que l’on souhaiterait plus palpable dans cette fiction un brin clinique. Mais le rythme est soutenu, la narration, diablement efficace et le casting, impeccable.

Visage buté et sourire malicieux, la jeune actrice Laura Bach compose une partition délicatement nuancée qui laisse augurer du meilleur. Face à elle, Jakob Cedergren incarne un psychiatre gentiment fêlé, fragilisé par une réputation controversée. Un couple fort bien assorti duquel émane, entre deux coups de gueule, une touchante douceur. Et l’indéniable atout d’une série qui ne s’est pas (encore) pleinement démarquée…

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