[SERIE] Résistance

TF1 fait le choix de l’histoire pour sa nouvelle série française. Et remporte joliment son pari.

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Une série historique sur TF1? Rien que la nouvelle incite au coup d’œil. Mais au-delà de ce choix éditorial surprenant pour la chaîne, Résistance s’avère une vraie belle surprise. Si l’on ne peut s’empêcher de penser au formidable Un village français coproduit par France 3, cette ambitieuse création programmée à l’occasion du septantième anniversaire de la libération de Paris le prouve d’emblée: elle a bel et bien son identité propre. L’angle, tout d’abord: les auteurs ont souhaité aborder la Résistance à travers le prisme de la jeunesse. Leurs protagonistes sont des adolescents qui agissent avec la naïveté et l’impulsion de leur âge, loin de tout mot d’ordre politique. Des mômes d’autant plus attachants qu’ils sont interprétés avec une grande conviction par une brochette de jeunes comédiens peu connus, mais à suivre de près – notamment la Belge Pauline Burlet, déjà remarquée dans La môme et Le passé, qui s’impose avec douceur dans le rôle principal de Lili. L’on suit donc à la fois les débuts de la Résistance et ceux de ces combattants encore verts, violemment propulsés dans l’âge adulte. Autour des jeunes pousses, plusieurs acteurs confirmés jouent les figures tutélaires: Richard Berry, Fanny Ardant, Isabelle Nanty complètent ainsi joliment un casting à l’équilibre fort intéressant.

Au scénario, Dan Franck a composé six épisodes tendus et réalistes, où se mêlent personnages fictifs et véritables combattants. Des femmes et des hommes au nom souvent oublié – Sylvette Leleu, René Sénéchal, André et Bernard Kirschen, Boris Vildé – qui rappellent le visage protéiforme de la Résistance. Si la série n’évite pas toujours les pièges du mélodrame, ses partis pris scénaristiques, son rythme haletant, sa reconstitution soignée et ses beaux personnages emportent notre adhésion. L’ambition a payé.

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