Série – Les enquêtes du commissaire Winter

Venue de Suède, cette nouvelle série policière confirme tout le bien que l’on pensait déjà des productions scandinaves. Encore!

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Avec le vent du Nord… nous viennent décidément de passionnantes inspirations. Portée par le succès de séries scandinaves devenues cultes (Wallander, The Killing, Borgen), Arte accueille dans ses grilles un nouveau feuilleton, adapté des romans de l’écrivain suédois Ake Edwarson, souvent comparé à son compatriote Henning Mankell, talentueux père de Wallander. Bonne pioche, encore une fois. Ancré dans la très télégénique ville de Göteborg, Les enquêtes du commissaire Winter tranche joyeusement avec celles de leurs homologues francophones et anglo-saxons. Ici, on sait prendre le temps. D’installer une atmosphère, de privilégier le silence et la contemplation, de s’attarder sur des détails intimes qui caractérisent subtilement les protagonistes.

Parfaitement incarné par le charismatique Magnus Krepper, Erik Winter n’est ni un superflic infaillible, ni un solitaire cynique et désespéré. Époux aimant et père de famille, il affiche ses doutes comme ses intuitions, mais se distingue surtout par son empathie et son désir de comprendre les ressorts humains des intrigues – reflet de la réalité sociale du pays – auxquelles il se trouve confronté.

Loin de nuire au rythme des épisodes, les respirations que s’autorisent les auteurs nourrissent l’intérêt du téléspectateur, tant pour l’enquête elle-même que pour les personnages que leur humanité et leurs aspérités rendent immédiatement attachants. D’autant que la réalisation, particulièrement léchée, joue intelligemment avec le montage, glissant çà et là quelques flashforwards assez poétiques. Sans effets superflus, la série alterne des scènes d’une brièveté et d’une netteté presque crues et de longs plans sur des visages tourmentés, dans une magnifique lumière. Ake Edwarson ne s’y est pas trompé: lui qui avait tué son héros dans Le dernier hiver songe sérieusement, depuis qu’il a découvert la série télé, à ressusciter le beau Winter. C’est vous dire si c’est réussi…

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