[SERIE] House of Cards – Saison 2

Dirigé par David Fincher, un thriller politique et shakespearien dans les murs du Capitole. Jubilatoire.

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Alors que BeTV diffusait l’intégralité de la saison 2 de House Of Cards le 16 février dernier, La Deux offre une session de rattrapage à ceux qui n’auraient pas encore rencontré Frank Underwood. Un sacré personnage, ce Frank, probablement le plus grand saligaud des séries TV depuis Profit. A ceux qui en douteraient, la scène d’introduction du premier épisode se charge de donner le ton. Accroupi devant un chien que vient de renverser une voiture, le héros – plutôt un antihéros, à vrai dire – brise sans ciller le cou de l’animal. Aparté face caméra: "Dans une situation comme celle-ci, il faut un homme d’action prêt à faire ce qui est désagréable mais nécessaire" . Voici résumée la philosophie de ce Machiavel en costume, mise au service d’une carrière qu’il entend bien mener au sommet. Frank est le whip du parti démocrate au pouvoir – un député chargé de veiller à la bonne marche des troupes. Il attend du nouveau président qu’il le nomme, comme promis, au poste de secrétaire d’Etat. Mais le fauteuil visé revient à un autre. Le camouflet digéré, Frank ourdit sa vengeance. Le jeu de massacre peut commencer…

Plus que de politique, House Of Cards est le portrait d’un extraordinaire manipulateur au cynisme assumé. Un rôle en or pour Kevin Spacey qui, volontiers cabotin, prend régulièrement à partie le téléspectateur – un artifice qui pèche d’ailleurs par sa répétition. Si la série, parfois un poil caricaturale, prend son temps dans la narration, elle ménage une tension prometteuse et de belles évolutions – l’énigmatique madame Underwood, interprétée par la sculpturale Robin Wright, se révèle ainsi plus fascinante encore que son époux. Cerise sur le gâteau, la superbe réalisation est, pour ces deux premiers épisodes, assurée par David Fincher lui-même, coproducteur de cette très jouissive série. Bienvenue au Capitole.

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