Série: Games of Thrones

La saga médiévale fantastique de George R.R. Martin a enfin droit à son adaptation sur le petit écran. Les fans s’inclinent. Les autres aussi.

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Les Soprano au pays du Seigneur des anneaux. Voilà comment HBO a imaginé Game of Thrones. Et c’est énorme! On connaissait le génie de la chaîne câblée américaine en matière de séries. On sous-estimait son étendue. Après le polar social (Sur écoute), le western (Deadwood) et les drames historiques (Band Of Brothers, The Pacific, Rome), le pape de la fiction télé investit le genre médiéval fantastique pour y poser son imposant Trône de fer. Les fans ont déjà un genou à terre. D’autant que la chaîne a l’audace d’adapter pour la première fois le best-seller éponyme de George R.R. Martin, excellentissime saga de dark fantasy aux intrigues politiques à rebondissements, aux guerres sanglantes et aux personnages insaisissables. Un hit planétaire écoulé à plus de 7 millions d’exemplaires.

La seconde idée géniale de HBO a été de proposer l’adaptation du scénario à… George R.R. Martin himself. Tant qu’à faire… Afin de rester fidèle à la complexité de l’œuvre originelle, les coscénaristes David Benioff (La 25e heure, Troie) et D.B. Weiss ont travaillé le script pendant plus de cinq ans. La chaîne n’a heureusement pas englouti les 60 millions de dollars de budget global dans son scénario. Shootée à Malte et en Irlande du Nord, la série met en scène des décors somptueux peuplés des forêts enchantées, de châteaux glacés et de costumes dignes des plus belles fresques hollywoodiennes. Mis en scène par Tim Van Patten, le maître d’œuvre attitré de HBO, le pilote est d’ailleurs une véritable perle. Dès les premiers pas dans la neige…

Que les sceptiques attendent avant de déposer les armes. Game of Thrones vise les férus de medieval fantasy mais ne boude pas non plus le grand public. Les incursions de l’autre côté du réel sont rares et l’intrigue préfère se concentrer sur la complexité de ses personnages, leurs alliances et leurs trahisons. En revanche, les âmes sensibles feraient bien de s’abstenir. Du sang qui coule à flots, des scènes de sexe ultra-trash…: Game of Thrones n’a rien d’un conte de fées. Aussi barbare soit-elle, cette nouvelle série intrigue. La richesse du scénario et la profondeur de son propos, métaphore universelle sur la quête de pouvoir, reposent également sur un casting royal qui réunit Sean Bean, célèbre Boromir du très beau Seigneur des anneaux, etl’acteur de petite taille Peter Dinklage qui avait réussi à lui seul à sauver la quatrième saison de Nip/Tuck. Sans oublier la sublime Emilia Clarke qui réalise l’exploit de s’exprimer ici dans une langue imaginaire…

Le premier tome écrit par Martin prend son temps pour mettre en place cette galerie impressionnante de personnages. La mise en bouche peut, ici, paraître un peu longue. Mais votre patience sera très vite récompensée. D’épisode en épisode, Game of Thrones dévoile ses ramifications épiques et politiques comme les pièces d’un gigantesque puzzle. Et bâtit un véritable chef-d’œuvre.

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