Secrets d’histoire: Sarah Bernhardt: sa vie, ses folies

La divine Reine de la Belle Epoque, Sarah Bernhardt fut le premier monstre sacré français. Un titre loin d’être usurpé…

915085

 Si vous ne faites pas ce que je veux, j’arrête de mourir!" Rapportée par Pierre-André Hélène, directeur de la collection 1900, la menace qu’avait l’habitude de proférer Sarah Bernhardt pour se faire entendre en dit long sur le personnage. Une tragédienne à la volonté de fer, au jeu emphatique – sur scène comme dans la vie – et dont les spectaculaires agonies sont restées célèbres dans l’histoire du théâtre. Ce sens aigu de la dramaturgie lui colle d’ailleurs tellement à la peau que la comédienne se trouve souvent réduite à quelques images clichés – le teint livide, les yeux révulsés. Impossible bien sûr de ne pas évoquer ses excès et autres extravagances: sa ménagerie, où les lions côtoyaient les alligators; son rêve (abandonné, précisons-le) de se faire greffer une queue de tigre au bas des reins; sa manie de dormir dans un cercueil. Mais au-delà de ces anecdotes qui ont largement participé à la légende, Sarah Bernhardt étonne à plusieurs titres. Par sa détermination, tout d’abord, illustrée par la devise qu’elle se choisit en guise de viatique: "Quand même". Et elle y est en effet parvenue "quand même", la petite Sarah au physique singulier, privée de père, fille d’une demi-mondaine qui la délaisse. Celle pour qui Cocteau inventa l’expression de "monstre sacré" dévoile en outre une incroyable habileté à se mettre en valeur, inaugurant une sorte de star-système avant l’heure. Première comédienne à se produire sur les cinq continents, elle affiche un patriotisme acharné, jouant exclusivement en français, boudant longtemps l’Allemagne – l’ennemi de son cher pays. Une femme surprenante assurément, libre et moderne, dont Secrets d’histoire dresse un portrait convenu, mais plutôt complet. Anne-Claire Préfol

Sur le même sujet
Plus d'actualité