Sale temps pour la planète

Le climat devient fou. Et pas seulement au bout du monde. Sur les côtes françaises, de sérieux dégâts ont été enregistrés. La faute à qui?

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S’ils sont particulièrement et plus cruellement touchés, la Chine, le Bangladesh ou l’Inde sont loin d’être les seuls pays menacés par de meurtrières inondations. Depuis quelques années, l’Europe fait également les frais des caprices du ciel.

Et la France, avec ses longues côtes, n’est pas la moins concernée. Poursuivant son investigation sur les conséquences du réchauffement climatique dans le monde, le réalisateur et producteur Morad Aït-Habbouche (qui signe là le premier épisode du septième volet de la série documentaire Sale temps pour la planète) revient sur les drames qui ont récemment frappé l’Hexagone: Rebouillon et Draguignan dans le Var, La Faute-sur-Mer en Vendée, des communes ravagées en 2010 par des pluies torrentielles dont personne n’a su anticiper la violence.

Trois ans après, les habitants restés sur place sont tendus, surveillent le niveau de l’eau, scrutent la course des nuages. Inquiets de constater le retard des travaux et la grande modestie des solutions proposées. "Il n’y a pas de politique de prévention de l’inondation en France, lâche le sénateur du Var, Pierre-Yves Collombat. Vous avez des bouts de dispositifs qui, souvent, se contrarient…" Un vrai casse-tête chinois. Comment alors espérer vaincre des catastrophes naturelles qui, selon l’hydrobiologiste Georges Olivari, "dépassent complètement tous les moyens que l’on peut mettre en œuvre pour protéger les gens quand ils sont dans une zone à risques"?

Pourtant, malgré les tragédies passées (la tempête Xynthia, qui s’est abattue sur les côtes atlantiques en février 2010, causa la mort de cinquante-trois personnes), malgré les signaux d’alarme tirés par les historiens et les scientifiques, les côtes françaises continuent de voir fleurir çà et là de nouveaux projets immobiliers.

Des constructions parfois bâties sur des zones inondables… "Les maires ont besoin de développement économique, résume avec fatalisme l’avocate Corinne Lepage, défenseur des sinistrés de Rebouillon et de La Faute-sur-Mer. Ils ont besoin d’habitants pour avoir des impôts, être réélus…"

Alors que 19.000 communes (soit plus de la moitié des villes de France) et 18 millions de personnes sont concernées par les inondations, certains élus continuent ainsi de prendre des libertés avec le Plan de prévention des risques d’inondation instauré en 1995, trois ans après la tragédie de Vaison-la-Romaine. Sans être inquiétés. Une efficace et inquiétante démonstration de l’inertie des pouvoirs publics français.

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