Rouge sang

Atmosphère de bord de mer breton, intrigue sombre, personnages attachants: un beau cocktail Rouge sang.

1221979

A Brest, le quotidien de la police s’organise le plus souvent autour du "petit gibier coloré" à débusquer. Alors, quand un pied de femme est retrouvé sur la falaise, le lieutenant Robic et le brigadier Héron tablent sur une mauvaise blague d’étudiants en médecine. Pas du tout l’avis du capitaine Alma Schneider, tout juste parachutée dans ce "bout du monde". Ils sont sceptiques, elle s’en moque et prend l’initiative de l’enquête sans en référer à son nouveau patron. C’est que la flic a un sacré caractère et peu de goût pour la procédure – raison pour laquelle sa hiérarchie l’a transférée de la Crim de Paris à ce petit commissariat breton. Avec l’aide d’un légiste un peu poète, Alma localise un second corps, fait parler le pied qui s’avère être celui d’une transsexuelle et plonge dans une bien complexe affaire où se mêlent notables de la ville, trafic de drogue et passion amoureuse.

Sur un scénario de Sylvain Saada (L’attaque, 1788 et demi…), Xavier Durringer (La source et Hiver rouge à la télévision, La conquête au cinéma) déroule un thriller soigné dans le gris humide de la côte brestoise, ses cargos, ses bars interlopes, son bord de mer fouetté par les vents. Une belle atmosphère, poisseuse et mélancolique, que le réalisateur prend soin d’alléger par de petites pointes d’humour. L’enquête tient la route – malgré un dénouement trop vite expédié -, mais ce sont surtout les personnages, bien développés pour un unitaire, qui retiennent l’attention. Sandrine Bonnaire campe une intrigante capitaine, fausse dure et vraie joueuse de poker; Bernard Le Coq apporte une tendresse toute paternelle à son personnage de légiste délicat. Et le duo Micha Lescot-Eric Savin (le chaleureux brigadier homo et son indécrottable râleur de lieutenant) fonctionne très bien. Une fiction de bonne facture, qui parvient à se distinguer des (nombreux) polars télévisuels.

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