Rouge Brésil

Adaptée du roman de Jean-Christophe Rufin, cette belle épopée romanesque nous transporte dans le Brésil de la Renaissance.

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Rouen, milieu du XVIe siècle. À la recherche de leur père disparu, les jeunes Colombe et Just rejoignent une expédition des chevaliers de Malte pour le Brésil, destinée à créer, sur une île de la baie de Rio de Janeiro, un véritable petit pays: la France antarctique.

Mais le projet tourne mal: sous les yeux des tribus indiennes, les colons doivent à la fois affronter les Portugais, déjà installés sur ces terres et gérer l’arrivée d’une nouvelle expédition française, calviniste cette fois. Entre guerres de conquêtes et affrontements théologiques, Colombe et Just devront faire des choix qui scelleront leur destin.

Alors que l’adolescente se montre fascinée par le mode de vie des Indiens, son frère espère devenir à son tour chevalier de Malte et contribuer à importer au Brésil la civilisation européenne.

Exotisme, aventure, histoire, romance… Il y avait tout, dans le roman de Jean-Christophe Rufin, Rouge Brésil (lauréat du prix Goncourt en 2001), pour qu’il s’impose à l’écran en une grande épopée romanesque.

Après plusieurs projets avortés, il a finalement pris forme sous la direction d’une coproduction internationale (France, Brésil, Canada) qui signe un téléfilm en deux parties (la seconde sera diffusée demain soir) plutôt fidèle au roman. À travers les deux jeunes héros (très convaincants, notamment la fringante Juliette Lamboley), le téléspectateur découvre un épisode, méconnu mais révélateur, de l’histoire de France.

Catholiques et protestants s’y déchirent en un prélude des guerres de religion à venir et la vision européenne des Indiens se nuance doucement, passant de l’idée du cannibale dénué de raison à celle, relayée par Montaigne, du "bon sauvage" – une réflexion incarnée par l’intrigant Villegagnon, chef humaniste et complexe de l’expédition qui ne cesse de composer entre désir de conquête et idéal chevaleresque. Du très beau spectacle.

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