Riot grrrl, quand les filles ont pris le pouvoir

Riot Grrrl, fantastique morceau d'histoire musicale, se rappelle l'époque où Olympia (Etat de Washington) est devenu le centre du monde du rock féministe.

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A la fin des années 80, il n'y a pas eu que le grunge pour démanger les oreilles de l'Amérique. C'était l'époque de Bush père, ancien boss de la CIA devenu président, et qui allait continuer la politique de Reagan, en plus va-t-en-guerre. A Seattle, ville pépère lovée au creux d'un détroit, naissaient des groupes comme Mudhoney, Nirvana et Mother Love Bone. Kurt Cobain n'était pas encore une star dégommée à l'héroïne, mais les prémices du succès s'installaient. A moins de cent bornes de là, à Olympia, un autre son de révolte sourdait. Il n'était pas hurlé par des hommes, mais bien par des femmes. Ou plutôt des "filles" comme elles préféraient qu'on les appelle. Remaniant les recettes du punk dans des formations à forte tendance activiste, elles vont créer leur version du féminisme. Et sortir le rock de ses bastions masculins.

Le terreau était propice. Olympia accueillait l'Evergreen State College, une université plutôt libertaire où les élèves n'étaient pas évalués avec des notes. Parmi ses alumni célèbres, outre Matt Groening, père des Simpsons, il y avait aussi Tobi Vail et Kathleen Hanna, figures de proue d'un groupe précurseur: les Bikini Kill. Hanna, une copine de Kurt Cobain, n'hésitait pas à s'inscrire "slut" (salope) sur le ventre, et à jouer en culotte tout en haranguant les hommes venus à ses concerts pour la huer. Petit à petit, le mouvement Riot Grrrl prend forme, à grand renfort de concerts et de fanzines. Le docu de ce soir nous emmène au-delà des symboles et de la provoc. Accumulant les témoignages des figures-clés du Riot Grrrl, il leur permet de prendre vingt ans de recul sur le phénomène et de calculer ses avancées réelles pour le féminisme.

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