Retour aux sources: hygiène raciale

L'eugénisme n'est pas né avec le nazisme. Hygiène raciale nous montre qu'il est le résultat d'un effroi de la civilisation occidentale envers tout ce qui sort de la norme.

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Hygiène raciale. Le nom fait froid dans le dos, tant il renvoie à l'Allemagne nazie et aux expérimentations meurtrières sur les personnes handicapées, étrangères ou juives. Pourtant, la fascination abominable pour l'eugénisme n'est pas l'apanage des nazis. En réalité, au début du vingtième siècle, c'est une bonne partie des pays occidentaux qui commence à se passionner pour la "science des bonnes naissances". Hygiène raciale de Guillaume Dreyfus enquête dans l'histoire trouble des programmes d'eugénisme aux États-Unis, d'abord, où un certain Harry Laughlin recommanda de stériliser 15 millions de citoyens, pour se débarrasser des criminels et des fous. Mais on stérilisait parfois des femmes, comme Carrie Buck, parce qu'elle avait été violée puis jugée comme étant faible d'esprit. Cet élan eugéniste, bien porté par les descendants de Darwin en Angleterre, et bien financé par les États-Unis, par des familles aussi illustres que les Rockefeller, nourrira la mélasse mentale d'Adolf Hitler et de ses sbires, délire infini sans construction logique mais piochant sans vergogne dans les recherches les plus barrées de son temps.

 

Hitler mettra très vite en place une loi de stérilisation pour les individus jugés inférieurs: sourds, schizophrènes, alcooliques… Vient le témoignage de Karl-Heinz. Il a été stérilisé parce que après de "mauvais traitements", comme il le dit poliment, il ne pouvait plus faire la différence entre un fleuve et une rivière, entre une échelle et un escalier. Dérangeant et poil à gratter, Guillaume Dreyfus nous rappelle que la science peut devenir très vite, et sans point de retour, l'argument fort d'une politique scabreuse et totalitaire. – Q.N. 

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