Requins des profondeurs

Deux biologistes japonais ont voulu rencontrer une espèce de requin rarissime et ancestrale. Et ils ont réussi! 

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De nos jours, quand on entend parler des requins, c’est pour deux raisons: soit on accuse (à raison) les pêcheurs d’en faire des animaux en voie d’extinction, soit on accuse ces poissons de transformer les surfeurs en frimeurs en voie de disparition.

Histoire de changer un peu de refrain, Arte propose un documentaire pour le moins fascinant qui s’aventure dans les profondeurs des océans. Objectif: faire la connaissance avec les espèces les plus primitives et les plus méconnues, qui croquaient déjà la vie à pleines dents bien avant la naissance de Steven Spielberg (c’est dire). Une épopée dans les abysses avant tout scientifique, et qui a le mérite d’ausculter les requins avec un œil moins effrayé que de coutume…

Issu de la collection Fantômes des grands fonds coproduite par Discovery Channel et la chaîne NHK (le service public japonais), le reportage a été minutieusement préparé. Yoshihiro Fujiwara et Sho Tanaka avaient déjà élaboré un plan infaillible pour filmer le fameux calamar géant (à revoir à 21h30). Ici, ils se sont servis d’un cachalot congelé pendant plusieurs années.

Un appât de choix, lesté d’un bloc en béton, qui leur a permis de séduire des proies par dizaines. Durant leur descente dans les eaux obscures, ils ont d’abord croisé des requins "griset", "lézard", "dormeur" ou "lutin", dont les simples surnoms titillent la curiosité. Mais le clou du spectacle fut la rencontre avec le requin "grande gueule" (aussi appelé requin "Mickaël Vendetta"… on rigole), une créature qui a été observée pour la première fois en 1976, dans le Pacifique.

Sachez que le monde scientifique n’a toujours pas réussi à le cerner complètement. Sachez aussi que ce fin gourmet (il décortique les crevettes comme personne) possède une mâchoire large d’un mètre. Sachez surtout que vous ne savez encore rien…

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