Reporters: Le soleil a tout pris

Frappés par la crise, de nombreux Belges, installés sous le soleil espagnol, sont contraints de renoncer à leurs rêves…

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Valence, la troisième plus grande ville du pays, est aussi la plus endettée. Durant deux décennies, la ville a dépensé sans compter, multipliant les projets pharaoniques. Conçue par le célèbre architecte Santiago Calatrava, la Cité des Sciences et de l’Art, abritant entre autres un musée et un opéra, devait développer l’attrait touristique de la ville.

Mais sa construction a coûté quatre fois plus que prévu, soit 1,29 milliard d’euros. Et de tous les quartiers fantômes naissants, le plus impressionnant se trouve à Castellon, à 50 kilomètres de là, où un aéroport flambant neuf n’a jamais vu un avion décoller.

Et pour cause… Il ne dispose pas des licences pour accueillir des vols. Hormis ceux des faucons et des vautours qui hantent désormais le lieu. Ce projet, étudié durant dix ans, aura coûté la bagatelle de 150 millions d’euros. Et creusé un peu plus l’endettement de Valence.

C’est dans cet eldorado en décrépitude qu’une équipe de Reporters a retrouvé des expatriés belges. Si l’Espagne compte nombre de pensionnés qui ont choisi son climat pour apaiser arthrose et autres maux dus à l’âge, elle dénombre aussi beaucoup de compatriotes actifs.

Comme cet architecte qui a vu ses commandes baisser de 95 % en quelques années, ce restaurateur qui croule aujourd’hui sous les dettes et ce couple qui vient de se lancer dans le tourisme en pariant sur des jours meilleurs.

Comment vivent-ils dans ce pays où les taxes ne cessent d’augmenter alors que les salaires diminuent et les dettes s’accumulent? Dans une économie – inexistante – où le taux de chômage atteint les 25 %? Les caméras ont filmé un quotidien désolant. Si déprimant que certains ont fait le choix de remonter vers la grisaille du Nord. Pour eux, c’est une évidence, ils en ont fait l’expérience, la misère n’est pas moins pénible au soleil.

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