Questions à la une: Pourquoi ne sommes-nous pas tous charlie?

Questions à la une a donné carte blanche à Sam Touzani. Il en profite pour adresser une carte rouge aux intolérances.

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Un universaliste désirant l'égalité pour tous: c'est de cette façon que se définit Sam Touzani. Un boulot à temps plein au vu des tragiques événements qui émaillent l'actualité. L'artiste acquiesce. Mais il nuance. "Les attentats de Charlie Hebdoont libéré une parole de haine mais aussi une belle parole. On s'est rendu compte qu'il est temps d'agir autrement." Et c'est par le truchement de l'émission de reportages de la RTBF que Sam Touzani va tenter de le faire.

Un pari audacieux pour celui qui a fui les médias pendant de longues années. Toutefois, les récents événements et les réactions suscitées par ses spectacles subversifs l'ont poussé à sortir de sa réserve. "Au départ, je ne devais être qu'un des interlocuteurs d'un Questions à la uneconsacré à la laïcité. Mais le concept a évolué suite aux attentats qui ont touché la rédaction de Charlie Hebdo." Ironie du sort, c'est là-bas que Sam Touzani avait emmené l'équipe de la RTBF pour le projet initial, fin 2014. "Sans doute les dernières images de la rédaction au complet", soupire-t-il. Après l'attaque, Bruno Clément a laissé une latitude complète à l'artiste: Pourquoi ne sommes-nous pas tous Charlie? en est le résultat. Le metteur en scène développe trois axes: la pédagogie, avec les enfants; l'expertise, avec des islamologues; l'avis de la population et du politique. "Mon but est de déconstruire la théorie du complot et de montrer que la communauté arabo-musulmane est plurielle." Un sacré défi qui inspire Sam Touzani. "J'ai une énorme responsabilité morale. Mais cela me plaît et c'est peut-être le début d'un projet de plus grande envergure", annonce-t-il, conscient que son reportage va faire réagir. Et peut-être même réfléchir. Ce sera alors gagné car "c'est le chemin parcouru qui est important", sourit ce pédagogue invétéré.

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