Questions à la une: Peut-on mourir en travaillant?

Constat désolant qu'on pensait dépassé, le décès au travail fait toujours bien partie de notre actualité.

142709

"Se tuer à la tâche". Simple figure de style? Ce serait trop beau. Malheureusement, l'expression est à prendre au sens littéral pour des centaines de Belges. Chaque jour apporte son lot d'accidents du travail, de l'homme écrasé par une machine de chantier au suicide dû à trop de pression en passant par l'alcoolique dépassé, les rubriques des faits divers regorgent d'histoires du genre.

Pourtant, il ne s'agit que de la partie émergée de l'iceberg. D'autres causes plus insidieuses tuent lentement, mais sûrement, ceux qui s'en approchent de trop près.

On connaissait l'amiante, le mercure, les solvants…, la liste des produits toxiques s'allonge de mois en mois, au fil des morts. Problème majeur: la nocivité de l'élément prend souvent de nombreuses années à être détectée. L'amiante en est l'exemple le plus probant.

Il aura fallu 30 ans et des milliers de cancers pour qu'on accepte enfin d'arrêter d'utiliser cette substance. C'est pour beaucoup de victimes un peu cher payer: le décès ne fait pas encore partie des clauses du contrat. Le reportage de Questions à la une consacre une partie de sa soirée à détecter quels sont ces produits, qui les utilise et dans quels buts. Quand on sait que les autorités belges ne reconnaissent aujourd'hui que 170 cas de cancers contractés au travail, on se dit que la mauvaise foi a encore de beaux jours devant elle.

Constat qui se révèle d'autant plus désolant quand il est comparé aux chiffres de l'OMS: une mort de cancer sur dix serait liée à notre environnement de travail et aux substances auxquelles nous y sommes confrontés. Ça fait froid dans le dos.

Sur le même sujet
Plus d'actualité