Puissante et incontrôlée: la troïka

Si la zone euro va mal, c'est qu'il y a une raison. Et même plusieurs, dit Arte dans un reportage qui accuse.

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Il suffit de prononcer le mot "troïka" pour énerver quelques pays européens qui ont eu affaire à elle. On pense d'abord à la Grèce qui, en 2010, a vu débarquer pour la première fois ce trio empli de bonnes intentions composé de la Commission Européenne (CE), de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI). Objectif: redresser l'économie grecque en lui imposant les fameuses "mesures d'austérité", afin de guérir "son surendettement" et de sortir le pays "de la crise", en imposant des "contrôles" et des "réformes", en réduisant les "salaires" et les "dépenses sociales". La troïka n'est jamais à court de termes quand il s'agit de parler des mauvais élèves de la belle Europe, et même si ce sont toujours les mêmes qu'elle utilise, elle passe son temps à les justifier avec des arguments que peu de gens comprennent.

Une excellente raison pour s'intéresser au documentaire d'Arte intitulé Puissante et incontrôlée: la troïka, qui fait le bilan des cinq années de sévices de cet organe un peu flou… pour ne pas dire opaque. Parce que dicter sa politique économique à l'Union européenne, c'est bien. Mais constater ses échecs, c'est une chose que ce fier attelage à trois chevaux est totalement incapable de faire. Le Portugal, l'Irlande, Chypre ou l'Espagne peuvent en témoigner: au nom des bonnes intentions, la troïka a surtout protégé les intérêts de ses propres jambes (les banques, donc), en s'autopersuadant que les institutions financières et les réformes néolibérales étaient les seuls garants d'un continent solide. Le journaliste économique allemand Harald Schumann et le prix Nobel d'économie 2008 Paul Krugman figurent parmi les intervenants de ce documentaire éclairant… pour ne pas dire saisissant.

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