Pour toi, j’ai tué

Un meurtre, deux suspects, un mobile évident. Et si l’histoire n’était pas celle que l’on croit?

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Sur l’écran d’une petite caméra numérique, les grands yeux bleu-gris d’une enfant affrontent sans ciller les questions de l’agent qui lui fait face. Elle le sait: elle est ici parce que "maman a tué papa".

Dès lors, ce qui intéresse le téléspectateur, comme les enquêteurs, c’est le pourquoi, le comment. Qu’est-ce qui a pu pousser la délicate Isabelle à commettre l’irréparable? Quel rôle a véritablement joué le docteur Tellier, médecin traitant et ami (très) proche de la jeune femme?

Au fil des auditions des protagonistes, le déroulement du drame se fait jour. Un drame psychologique qui ne se joue pas seulement dans l’intimité d’une maison de province, mais aussi dans celle d’un esprit fragile et borderline.

C’est d’abord à Isabelle, être blessé autant que blessant, que s’intéresse Laurent Heynemann, réalisateur de cette fiction inspirée d’un fait divers. Sa caméra s’attarde sur son visage, capte la froideur d’un regard opaque, l’expression d’une moue enfantine, le rugissement d’une violence sourde.

Autant d’indices d’anormales sautes d’humeur chez cette jolie blonde, fausse victime et manipulatrice accomplie.

Face à elle pourtant, le bon docteur Tellier semble n’y voir goutte, tout occupé qu’il est à jouer les chevaliers blancs. À le regarder raccompagner chacun de ses patients en les gratifiant d’un "Prenez soin de vous!", on en viendrait à douter de sa naïveté. Trop gentil pour être honnête? Même pas.

Pour toi, j’ai tué n’est pas un thriller ménageant son rebondissement final – le titre, d’une terrifiante platitude, en témoigne. Il n’explique pas davantage le mobile du meurtre, ni ne pose de diagnostic sur sa trouble héroïne. Il donne simplement à voir les raisons qui vacillent, par amour, narcissisme, folie passagère. Et nous embarque, dans ces méandres, aux côtés d’un joli duo d’acteurs.

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