Police des affaires familiales

Six mois au cœur d’une brigade de protection des familles. Un reportage sensible et juste sur ces agents pas comme les autres.

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Maïwenn et son film Polisse sont indéniablement passés par là: en explorant le quotidien d’une brigade de protection des mineurs, la réalisatrice mettait en lumière le travail délicat et les doutes de ces policiers confrontés à de très jeunes victimes. Une fiction, à valeur documentaire, mais une fiction tout de même. Et dans la vraie vie? Sarah Lebas et Sam Caro ont suivi, durant six mois, le quotidien de cinq policiers, cousins bien réels des héros de Polisse. Virginie, Mickaël, Stéphane, Laurent et Francis forment l’équipe très soudée de la Brigade de protection de la famille de Caen. Une unité qui reprend les compétences de la Brigade des mineurs qu’elle remplace.

Si dans le couloir qu’ils partagent avec la Brigade des stups s’accumulent peluches, jouets et affiches de films (Polisse, encore), les visages deviennent vite tendus derrière les portes des bureaux. L’équipe traite en moyenne quatre cent cinquante dossiers par an: des affaires de maltraitance, de disparitions, de violence, d’agressions sexuelles surtout. Des drames familiaux face auxquels il faut être formé… et blindé. La seule femme de l’étage, Virginie, brigadier en chef tout sourire, incarne joliment ce précieux équilibre entre la douceur accordée aux victimes (notamment les enfants) et la fermeté nécessaire devant les suspects réfractaires aux aveux.

Tous n’ont pas son expérience au sein de la brigade. L’un d’eux s’y retrouve même par accident. Mais lorsque pointent les interrogations, les craintes, l’émotion parfois, les enquêteurs, solidaires, jouent de leur humour comme d’une soupape de sécurité. L’intérêt de ce document tient beaucoup à la personnalité de ces agents, sincères et sincèrement liés entre eux (on notera la séquence de la boîte de nuit – Polisse, toujours). Pudiques également. Et profondément soucieux de démêler de sordides affaires où, en l’absence de preuves, ne reste bien souvent que leur clairvoyance.

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