Olive Kitteridge, Saison 1

Délicate chronique d’une vie faussement banale, une création HBO superbement portée par Frances McDormand.

1326507

Qu’elle est sèche, cette Olive Kitteridge! Piquante et revêche, elle n’épargne personne – et surtout pas son si gentil mari Henry et leur jeune fils Christopher. Incapable de la moindre marque d’affection, étrangère à toute forme d’empathie. Sacré challenge que de faire d’un tel personnage l’héroïne d’une fiction. Adaptée du roman éponyme d’Elizabeth Strout (Prix Pulitzer 2009), cette minisérie de HBO happe pourtant par la profonde mélancolie qui, dès le générique, prend aux tripes et serre le cœur.

Car la vie n’est pas tendre dans cette petite commune de la côte Est des Etats-Unis, où la misanthrope Olive demeure depuis toujours. Aussi perspicace qu’elle est peu bavarde, cette professeure de maths observe avec une lucidité sans compassion les âmes blessées qui croisent son chemin. Et elles sont nombreuses, rongées l’une par l’alcoolisme, l’autre par des troubles maniaco-dépressifs, les dernières par la dépression, le deuil ou les tentations suicidaires. Une vulnérabilité – et une sensibilité – qu’Olive, plus sévère qu’un mur de prison, tient vigoureusement à distance. En quatre épisodes, l’on suit vingt-cinq années de son existence en apparence banale, tranches parfois amères d’un quotidien où il ne se passe pas grand-chose, mais où affleurent délicatement les sentiments enfouis que les protagonistes – et Olive, moins que quiconque – peinent à exprimer.

Si la rudesse l’emporte, la série ménage ses respirations. Extraordinaire Olive Kitteridge, Frances McDormand (également productrice) parvient à rendre follement attachant cet âpre personnage, mêlant à sa froide intelligence une pointe d’humour tout à fait délicieuse. A ses côtés, Richard Jenkins dans le rôle d’Henry ou encore Bill Murray dans celui d’un voisin à l’apparition tardive, exhalent une affectueuse douceur qui tâche, non sans mal, de raviver la chaleur des cœurs. Pas gai, mais d’une bouleversante beauté.

Sur le même sujet
Plus d'actualité