Nous, otages des SS

Entre la "Libération" d’Auschwitz en janvier et l’Armistice du 8 mai il y a eu le printemps 1945. Quelques mois durant lesquels se sont joués les derniers instants de chaos en Europe.

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26 avril 1945. Une cinquantaine de SS quittent le camp de Dachau dans un convoi spécial. Les hommes de Himmler emmènent cent trente-neuf otages, des hommes d’Etat, des résistants, des militaires et leurs proches, transférés de différents lieux de détention et regroupés, afin de les utiliser comme monnaie d’échange avec les Alliés. La défaite allemande est imminente. Dans un ultime espoir de négociation, les derniers fidèles de Hitler se dirigent vers la "Forteresse de Alpes" avec leurs otages de marque, parmi lesquels figurent l’ancien chancelier autrichien Schussnig, Sante Garibaldi (petit-fils du héros de l’indépendance italienne), l’aviateur britannique Bertram Arthur James, le grec Alexandros Papagos, Léon Blum et les familles de Claus von Stauffenberg et de ses complices (Opération Walkyrie). Cet épisode peu connu de la Seconde Guerre mondiale fait l’objet d’une reconstitution rythmée et documentée dans Nous, otages des SS, réalisé par Christian Frey, familier ses docu-fictions historiques situés à cette période.

Pendant ce temps, en France, le gouvernement provisoire du général de Gaulle a déjà commencé l’organisation du rapatriement d'un million et demi de Français, prisonniers, déportés ou travailleurs d’Allemagne. Le temps du retour retrace la longue et difficile mission, confiée à un ancien prisonnier, Henri Frenay, alors ministre des "absents". Le Vel-d’Hiv, la gare d’Orsay et l’hôtel Lutetia abritent les corps décharnés et les regards hagards. Les épidémies guettent tandis que les autorités prônent l’unité nationale à renfort de slogans. Mais à l’heure de la glorification des résistants, les "absents" n’échappent pas à la hiérarchisation de leurs souffrances. Emouvant et édifiant.

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