Miss Fisher enquête

Carré charleston, silhouette glamour, la nouvelle enquêtrice du PAF donne dans le chic. Mais sans le choc.

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À peine débarquée à Melbourne, sa ville natale, après des années passées sous le ciel anglais, Phryne (prononcez "Frannie") Fisher se retrouve en plein drame: le mari de sa cousine vient d’être assassiné.

Une aubaine pour cette intrépide jeune femme, qui n’aime rien tant que les mystères et n’a pas son pareil pour fouiller les zones d’ombre. Sorte de Miss Marple en beaucoup plus glamour, la nouvelle héroïne de France 3 affiche un sacré tempérament: moderne, indépendante, libérée… Une adorable enquiquineuse avec laquelle la police du coin va devoir composer.

Les premiers épisodes de cette série australienne, inspirée des romans de Kerry Greenwood, peinent toutefois à convaincre. Si l’histoire personnelle de Phryne finit par éclairer le personnage (sa jeune sœur a été assassinée des années plus tôt), il subsiste un manque d’épaisseur qui tient le téléspectateur à distance. Même déception du côté des personnages secondaires: qu’il s’agisse du commissaire (l’antagoniste que l’on devine aussi irrité que charmé par Phryne) ou des deux hommes à tout faire que l’enquêtrice embauche, ils font surtout office de faire-valoir sans consistance. Seule la jeune Dot, timide femme de chambre catholique, allergique à l’électricité, semble avoir bénéficié d’une plus grande attention de la part des scénaristes.

Plantées dans le Melbourne – plutôt bien reconstitué – des années 20, les intrigues se déroulent mollement sans toujours éviter les clichés.

On notera tout de même l’intéressante exploration de thèmes de société (l’avortement, l’homosexualité) ainsi que le contexte historique de la série (les conséquences économiques de la Première Guerre mondiale) qui apportent un peu de relief aux enquêtes. Inabouti mais non sans atouts, Miss Fisher semble encore en quête d’une identité propre. Espérons qu’il ne tarde pas à la trouver.

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