Mères porteuses: la naissance par procuration

Comment vit-on le recours à la GPA? Ebauche de réponse en deux exemples, l’un aux Etats-Unis, l’autre en Inde.

1257421

Tolérée en Belgique, la gestation pour autrui (GPA) reste formellement interdite en France – comme dans la plupart des pays européens. En marge des débats qui divisent la population, ce documentaire suit, le temps de la grossesse, deux couples ayant fait appel à une mère porteuse. Deux cas très différents, qui donnent une (petite) idée de la grande complexité du sujet.

Originaires d’Allemagne, Simin et Michael se sont tournés vers une agence californienne spécialisée en GPA, dont les critères de recrutement sont très stricts. Suivies par une psychologue, les mères porteuses doivent notamment avoir déjà eu un enfant. C’est le cas de Chantel, jeune Américaine motivée par le désir d’aider les couples infertiles. Certes, la rémunération n’est pas un détail (19.000 € sur les 100.000 qui seront facturés), mais elle n’occulte pas la réflexion – le risque de s’attacher au bébé, les réactions de l’entourage, les relations avec les futurs parents. Ces derniers envisagent d’ailleurs de revoir Chantel après l’accouchement et comptent bien ne rien cacher à leur enfant des circonstances de sa naissance. Pour l’agence qui les a mis en contact, la question éthique est vite balayée: "On paie bien des nounous. Là, c’est une nounou qui garde un enfant dans son ventre". Est-ce vraiment si simple?

Sans doute pas pour Divya, Indienne de 26 ans qui, elle, n’a jamais eu d’enfant. Porter le petit d’un couple d’Anglais est le seul moyen pour cette jeune femme d’aider financièrement ses parents – sur 25.000 €, elle en touchera 4.000, trois ans d’un salaire moyen en Inde. Recluse dans un dortoir rudimentaire en compagnie d’autres mères porteuses, elle doit se contenter d’un suivi médical, sans soutien psychologique. Et ne verra jamais ni ceux à qui elle permet de devenir parents, ni l’enfant qu’elle met au monde. Une réalité que ce film, parfois imprécis, peine à interroger avec profondeur.

 

Sur le même sujet
Plus d'actualité