Marco Polo, explorateur ou imposteur?

Marco Polo était-il un aventurier hors pair ou un excellent conteur n’ayant jamais dépassé Constantinople? Dans tous les cas, son récit semble bien documenté.

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Dans l’une de ses dernières séries, Netflix fait de Marco Polo le captif VIP du grand Khan de Mongolie et le décrit comme un aventurier écoutant le bruit du vent avec des progrès à faire niveau "kung-fu". Une série pour un voyageur taillé comme un personnage de roman. Près de huit siècles après sa mort, la véracité de son récit ne fait toujours pas l’unanimité auprès des spécialistes: le camp des convaincus mettant en avant la profusion de détails affronte celui des sceptiques pointant de douteux silences.

 

Lors de la publication du récit de voyage, écrit en prison par Marco Polo et son codétenu Rusticien de Pise, les contemporains du marchand vénitien ont brocardé ce compte rendu d’un périple fabuleux jusqu’aux confins de la Chine. Frances Wood, sinologue américaine, met également en doute les propos de l’aventurier en relevant des incohérences dans son parcours et en s’étonnant de ne pas trouver certains éléments dans ses mémoires. Pourquoi un amateur de détails et descriptions aurait-il passé sous silence la cérémonie du thé, l’imprimerie naissante, la calligraphie chinoise, les grottes aux Mille Bouddhas de Dunhuang et même la Grande Muraille de Chine? Dans son livre, Frances Wood pose la question: "Marco Polo est-il vraiment allé en Chine?" Sans aucun doute, pour une série de chercheurs occidentaux, rejoints par leurs homologues chinois depuis la traduction du Livre des merveilles en 1913. La Grande Muraille? Un détail d’argile érodée du temps de l’explorateur, elle n’apparaîtrait sur les cartes qu’à partir du 16e siècle. La précision des descriptions des coutumes de la cour de Kubilai Khan, des mœurs de l’époque, des techniques rencontrées le long du chemin et au cœur du vaste empire semblent démentir la thèse du récit de seconde main.

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