[MAGAZINE] Vivement dimanche: Guy Bedos

Guy Bedos arrête le one-man-show. Une bonne raison pour s'adonner à l'exercice délicat du bilan chez Drucker.

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Ce 25 décembre, à l'Olympia, il donnera l'ultime représentation de sa tournée Rideau!, qui signe l'arrêt de sa carrière en solo. Ses détracteurs sont aux anges, eux qui adorent le traiter de has been ou de gauchiste caviar. Ses fans, par contre, n'ont pas envie de croire à cette sortie, tant la société a encore besoin de la plume désobéissante et acide de mister Bedos, à l'heure où l'humour "politique" se résume aux frasques de Laurent Gerra ou Nicolas Canteloup, qui se cachent derrière leurs imitations pour mettre un peu d'huile (ultralight et sans sel) sur le feu. C'est bien ça qui énerve chez Bedos: il n'a pas changé. Il cible les têtes pensantes, revendique le droit à l'outrance, sort des cartes que tout le monde connaît (notamment la "revue de presse" qui l'a rendu célèbre, toujours au menu de ses shows) et ne cherche pas de compromis (récemment, il traitait Nadine Morano de "conne" et refusait de s'en excuser).

Alors oui, la scène humoristique française, elle, a changé. Gad Elmaleh ou Florence Foresti remplissent des Zénith avec des sketches qui parlent à tout le monde, Jérémy Ferrari mise tout sur l'humour noir et Jean-Marie Bigard tente de rester sous les projecteurs avec quelques jurons sans culotte. Vu comme ça, Guy Bedos est clairement un cas à part. Un franc-tireur qui a su rester fidèle à lui-même, amoureux de son métier et stupéfait face à ceux qui laissent la bêtise gouverner. Une carrière cohérente. Un peu celle que l'on souhaite à son fiston Nicolas qui, avec tout le talent qui l'habite, a encore du mal à trouver son propre sens de la provoc, hésitant à s'engouffrer dans une machine médiatique qu'il adore et craint à la fois. "Papa, c'est quoi le truc pour résister 50 années sans se faire bouffer?" Si Michel Drucker n'évite aucun sujet, ce dimanche, on risque d'avoir une réponse…

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