[MAGAZINE] Signé Mireille Dumas : Guy Bedos en toute liberté

Il règne en maître sur l'humour vache depuis près d'un demi-siècle. Portrait d'un "roseau pensant inconsolable et gai".

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"Qu'est-ce qu'il est collant, ce type!", maugréait Sophie Daumier dans La drague, un sketch culte de 1973. Pas faux. Si Coluche, Desproges, le professeur Choron et consorts ont tiré leur révérence, Guy Bedos, lui, occupe toujours le trône, même s'il vient de faire ses adieux au one-man-show sur la scène de l'Olympia. Mireille Dumas en profite pour retracer sa vie, son œuvre, nourries des souvenirs d'amis proches comme Anne Sinclair, Michel Drucker, Jean-Loup Dabadie, Macha Méril ou Muriel Robin.

 

Guy Bedos a débuté sa carrière en souhaitant bonne fête à Paulette, il la termine en faisant celle de Marine Le Pen qu'il n'hésite pas à comparer à Hitler. "Contre le camp de la majorité silencieuse, dit-il, j'ai choisi la minorité bavarde." Insoumis, insolent, il justifie sa conscience politique humaniste par la personnalité de ses parents, racistes, antisémites et maréchalistes. Avec l'impertinence et  l'autodérision qui constituent sa marque de fabrique, il raconte les femmes de sa vie, ses enfants et ses relations passionnelles à la mère ("Quand elle a arrêté de me faire peur, elle a commencé à me faire honte"). La pomme ne tombant jamais bien loin de l'arbre, on peut compter sur sa fille Victoria et son fils Nicolas pour s'exprimer à son sujet avec une sincérité toute revigorante.

 

L'an dernier, pour son dernier tour de piste, Bedos s'est offert un plaisir majeur, un premier spectacle à Alger, sur sa terre natale. Un retour très émouvant pour l'artiste et le militant qui a fait de l'humour un acte de résistance. Mireille Dumas signe ce soir un vibrant hommage à ce poète engagé qui n'a jamais prétendu "poéter plus haut que son cul".

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