[MAGAZINE] Reporters: la pêche au blanc

A Yaoundé, les femmes rêvent d'épouser un Blanc en campant sur les sites de rencontre en ligne. Voyage glauque dans un rêve sans condition: quitter la pauvreté.

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Un cybercafé au cœur de la capitale camerounaise, Yaoundé. Une jeune fille se lève de sa chaise pour montrer ses fesses au Blanc qui est de l'autre côté de la webcam. Il dit, lors d'une autre séance, sans honte: "Je tiens à te mettre au courant de ce que je vais te demander." Et exige qu'elle dorme nue, même si elle a ses règles. "Ton minou doit toujours être disponible pour moi." Comme des centaines d'autres Camerounaises, la jeune fille ne dit rien face aux perversités du Blanc avec qui elle a entamé cet étrange jeu. Elle n'a qu'une idée en tête: l'épouser, car il est sans doute riche et, ainsi, s'évader de sa vie précaire à Yaoundé.

Sur place dans la capitale camerounaise, Reportersva en rencontrer une tripotée de jeunes filles, prêtes à pas mal de choses pour s'extirper de la pauvreté. L'émission dévoile également des officiels camerounais de seconde zone, prêts à vous fabriquer des faux papiers pour faciliter des unions ou à rajeunir une femme en modifiant sa date de naissance pour arrondir leurs fins de mois. A Genève, un témoignage assez stupéfiant d'une Camerounaise nous raconte comment son "Blanc" l'a séquestrée avant de la transformer en véritable prostituée, à son seul bénéfice.

Pour créer un débat autour du "fantasme blanc", le réalisateur et comédien Thierry Ntamack a tourné une comédie aux accents sérieux, montrant comment une femme se fait duper par un Européen. Si Reportersn'analyse pas assez en profondeur les causes profondes de ce phénomène, le magazine évoque efficacement les clichés qui collent encore à nos peaux – noires ou blanches – et l'idéal au goût souvent amer que représente encore l'exil vers l'Europe.

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