[MAGAZINE] Matière grise : Le monde secret de la douleur

D'où vient la douleur? A quoi sert-elle et comment vivre quand on la ressent trop ou pas assez? En suivant quelques témoins exceptionnels, Matière grise nous explique la souffrance.

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Maria Marsillis, installée en Toscane, est marquée par une caractéristique exceptionnelle. Un jour, alors qu'elle tombe dans un escalator et se blesse, son médecin lui révèle qu'elle n'a rien de grave, mais qu'elle s'est déjà cassé deux fois la cheville auparavant. Maria Marsillis n'en savait rien. Normal: elle n'est pas sensible à la douleur. Cette étrange trait génétique, elle l'a ensuite transmis à l'ensemble de ses enfants et petits-enfants. Pour les Marsillis, un simple repas familial devient un instant de toutes les prudences, car s'ils n'ont jamais mal, leur corps peut bien sûr être brûlé, écorché, abîmé.

 

C'est chez eux que Matière grise a entamé son hors-série sur la douleur, pour montrer que, si on s'en plaint souvent, ne pas ressentir la douleur peut être plus terrible encore. Après, le magazine bifurque vers l'autre extrême, la souffrance que l'on peut s'infliger à soi-même pour se sauver la vie. Jonathan, jeune Américain s'est ainsi coincé le bras en réparant sa chaudière dans sa cave. Personne ne venait l'aider. Au bout de 24 heures, il a décidé de se couper le bras. Son cerveau est parvenu à juguler la souffrance et à envoyer un puissant antidouleur naturel dans l'ensemble de son corps.

 

Pour Irene Tracey, universitaire américaine, la douleur est éminemment subjective. Comme le plaisir, elle n'existe pas. "Ce sont des choses que nous générons et dont nous faisons l'expérience." Une de ses expériences le prouve bien: si l'on montre un triangle avec un stimulus électrique faible à quelqu'un, il notera la douleur à 3/10. Avec un rectangle et un stimulus fort, il mettra 7. Si de nouveau on lui montre un rectangle mais avec un stimulus très faible, l'individu mettra quand même 5, apeuré par le souvenir du quadrilatère.

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