Magazine: Envoyé spécial: retour à Fukushima

Un an après la catastrophe de Fukushima, les témoins racontent. La vague, la stupeur, la détresse et le no man’s land qu’elle a laissés.

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Les tremblements de terre, les Japonais connaissaient. Ils savaient quelles mesures prendre: dans le calme, toujours. Mais la vague, elle, bouleversa bien davantage leur vie… Un an après le tsunami qui a frappé l’archipel le 11 mars 2011, Envoyé spécial s’est rendu sur place pour recueillir les témoignages a posteriori de quelques-unes des victimes de la catastrophe. Pêcheur, directeur, ambassadeur, moine, photographe…

Chacun raconte l’événement comme il l’a vécu, les certitudes qu’il a ébranlées. Unique habitant resté dans la zone irradiée de Fukushima, Naoto tente de ranimer ce no man’s land désespéré. Auparavant vivaient ici quelque 20.000 habitants. À présent, c’est une ville morte uniquement traversée par les "liquidateurs", ces employés masqués, recrutés par l’opérateur de la centrale nucléaire afin de circonscrire l’accident.

Naoto, lui, ne porte pas de masque, boulotte du riz contaminé et se charge de nourrir les animaux qui croisent sa route – une autruche perdue au milieu de la route, des vaches et des chats abandonnés par leurs propriétaires…

Avec humour, il joue les gardiens des lieux, mais ne cache pas sa stupéfaction face à cette vague à laquelle nul ne s’attendait. "La stupeur", c’est d’ailleurs ainsi que Yuko – la jeune femme d’Ishinomaki dont la photographie, en une des magazines, a fait le tour du monde – décrit l’émotion qui la saisit parmi les décombres du tsunami.

Ayant failli perdre son fils, elle ne cache pas son soulagement de n’avoir "que" la destruction de sa maison à déplorer. Mais reprendre le cours de sa vie n’est pas aisé pour autant… Particulièrement lorsque subsiste un sentiment de colère à l’égard d’autorités pas franchement claires dans leur communication. Tous, sans doute, ont vu changer leur regard sur le monde et la société nippone. Une nouvelle conscience de la vie, où la confiance et l’assurance en ont pris un sacré coup.

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