Magazine Devoirs d’enquête: Justice à la belge

Premier volet d'une série consacrée à la justice pénale en Belgique. Aujourd'hui: la procédure accélérée.

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Tous les lundis, la 20e chambre correctionnelle de Charleroi est réservée aux procédures pénales accélérées, ce mécanisme mis au point pour juger rapidement (endéans les deux mois) les cas de flagrant délit ou de petite criminalité.

En 2012, plus de 300 personnes sont déjà passées devant ce qu’on appelle aussi la "cour des miracles". Parce que c’est là qu’on retrouve tous ceux qu’une misère quotidienne – sociale, affective, voire intellectuelle – a fait basculer du mauvais côté de la force. On y croise des pieds nickelés, petits voleurs de bijoux, des alcoolos qui ont la main leste envers leur femme, des toxicos qui chipent des pots de sauce à 3 € dans les supermarchés, des dealers à la petite semaine.

Certains paraissent irrécupérables, mais la plupart ont juste l’air paumés. Les condamnations demandées sont donc à l’avenant: beaucoup de peines de travail sont décidées, des suspensions de prononcé aussi. Le travail des juges s’y veut autant social que répressif, balancés qu’ils sont entre humanité et légalisme.

Ce sont d’ailleurs eux les vrais héros de ce reportage: le substitut du procureur du Roi Philippe Dujardin et la juge Chantal Allard. Leur petit numéro semble bien huilé. Au verbe haut et sévère de l’un répond le fatalisme de l’autre, à coups de "Ah quelle affaire, M. le procureur!".

Souvent, on sourit devant le ton paternaliste et sentencieux des engueulades qu’essuient les prévenus ou au détour de dialogues savoureux qui s’installent dans cette chambre de tribunal, miroir d’une partie de la société que la plupart d’entre nous ne fréquentent que via la rubrique des faits divers. Au-delà des faits, il y a pourtant des humains, nous rappelle également l’émission.

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