[MAG] Un jour, un destin: Henri Salvador, affaires de famille

Henri Salvador, ses succès, sa famille et ses secrets bien gardés... Le lion renaît ce soir.

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C'est grâce à Django Reinhardt, qui l'a repéré dans un cabaret parisien avant de l'embaucher comme "accompagnateur" de ses spectacles, que le jeune Henri Salvador est passé de l'ombre à l'immense popularité. La fameuse "heureuse rencontre" dont parlent presque tous les artistes et qui, dans ce cas-ci, a donné naissance à environ vingt-cinq albums mélangeant le jazz et la bossa-nova, les textes cocasses ou les chansons douces (que lui chantait sa maman). Trimballant son rire contagieux, sa trogne ensoleillée et ses mimiques de cartoon sur les scènes de music-hall du monde entier, Henri Salvador a passé pas moins de neuf décennies à partager sa bonne humeur avec ses proches et son public. Lorsqu'il chantait Zorro est arrivé, la foule scandait frénétiquement le refrain avec lui. Quand il murmurait qu'il aimerait "tant voir Syracuse", cette même foule se taisait pour voyager avec lui, s'offrant un détour par la jungle où le lion mourait, puis renaissait toujours le soir suivant…

Les plus jeunes générations parleront de sa Chambre avec vue et de rien d'autre, comme si Henri Salvador n'avait planté qu'un seul souvenir dans son Jardin d'hiver. Un gros succès de l'année 2000, couronné par trois Victoires de la Musique. Presque un miracle, après des années 90 où le chanteur était artistiquement devenu muet. Si sa carrière ressemble aujourd’hui à un roc, elle n'en fut pas moins agitée et sillonnée de revers. Ceux dont parlent tous les artistes? Oui et non. La part d'ombre est, dans ce cas-ci, d'autant plus imperceptible que le sourire de l'homme était insistant. Un jour, un destin l'a explorée avec respect mais rigueur, cinq ans après le tombé de rideau d'un sacré personnage qui, depuis le cimetière du Père-Lachaise où il repose non loin d'Edith Piaf, se fend forcément d'un tendre rictus…

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