[MAG] Retour aux sources: Exil nazi, la promesse de l’Orient

Périple historique de grande qualité, La promesse de l'Orient explore la très méconnue exfiltration nazie vers le Proche-Orient.

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En 1945, après la défaite de l'Allemagne, d'importants réseaux d'exfiltration furent utilisés par les nazis pour prendre la poudre d'escampette. Tout le monde connaît les exils d'Adolf Eichmann, Klaus Barbie ou encore Josef Mengele vers l'Amérique latine, et la traque qui s'ensuivit pour les récupérer et les traduire devant la justice. Ce que l'on sait moins, c'est qu'une filière similaire s'est installée au Moyen-Orient. Dès 1940, Walter Rauff, officier de la SS, prend en charge le déploiement de camions à gaz qui amènent dans les camps de concentration de quoi liquider des dizaines de milliers de Tziganes, communistes et Juifs. Plus tard, il est affecté à la mise en place de l'holocauste en Afrique du Nord. Le projet échoue, heureusement.

A la fin de la guerre, Rauff devient jardinier au Saint-Siège, en toute sérénité. A l'époque, Pie XII prône une sorte de réconciliation entre l'Allemagne et les pays alliés, à l'exception de l'URSS (et l'amnésie pour les crimes de guerre), afin de lutter contre les communistes qui défendent l'athéisme. Rauff est ensuite approché par la Syrie, qui cherche à mettre en place des services secrets. Il parvient, grâce à l'appui de l'évêque autrichien Alois Hudal, à s'y exfiltrer. En 1947, l'ex-commandant du camp d'extermination de Treblinka, Franz Stangl, s'échappe lui aussi vers la Syrie. Ils seront en réalité des centaines et des centaines à partir vers la Syrie, l'Egypte ou l'Irak. Réalisé par Géraldine Schwarz, Exil nazi: la promesse de l'Orient enquête sur cette page méconnue de l'après-guerre.

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