[MAG] Les hors-séries de Complément d’enquête. Costes: une fortune aveyronnaise

En trois décennies, les frères Costes, fils de paysans aveyronnais, ont créé un prestigieux empire hôtelier au cœur de Paris.

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Le Café Marly au Louvre, l'hôtel Costes près de la place Vendôme, le Georges sur le toit de Beaubourg, le Café de France à la Bastille… Jean-Louis et Gilbert Costes sont à l'origine d'une bonne trentaine d'établissements, tous élaborés selon le même canevas: des lieux spacieux, accueillants, situés sur des sites exceptionnels et proches de pôles culturels. Le secret de cette success-story tient en deux mots sibyllins: réseau aveyronnais.Les Aveyronnais de Paris seraient 320.000, soit 60.000 de plus que leurs "compatriotes" restés confinés dans la région Midi-Pyrénées.

Nés dans les années 50, les frères Costes ont fait leurs classes derrière le zinc d'une brasserie, avant de devenir un symbole de réussite dans le Landerneau limonadier. Pour la première fois devant une caméra, Gilbert évoque le puissant réseau de solidarité qui permet aux Aveyronnais de régner en maîtres sur quelque 6.000 hôtels, cafés, restaurants parisiens – et non des moindres. Quand on a 20 ans et qu'on est déterminé à tutoyer lat Eiffel, mieux vaut venir de Laguiole, Saint-Amans-des-Cots ou Millau car "le réseau" se charge de l'accueil, et en grande pompe. Hébergement, emploi, prêts bancaires, il a la mainmise sur tout ce qui creuse la différence entre un expatrié et un expatrié aveyronnais. Une histoire d'entraide qui remonte à l'époque où les bougnats – les marchands de charbon – ont ouvert leurs premiers troquets à Paris avec un objectif commun: envoyer un joli pactole au pays et mettre le pied à l'étrier des jeunes qui les rejoignent. Si l'on en croit Gilbert Costes, aujourd'hui, c'est toujours pareil. En plus chic.

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